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No wonder we fucked up

  
  

J'aurais tellement aimé être capable de lui expliquer dans ces mots là. Encore aurait-il fallu que je le comprenne moi-même... 
  
  

Il y a de ces conversations...

  
  
Celles qui te disent qu'il n'en reste plus que quelques unes après celle-là. Celles que tu ne veux pas avoir, même pendant qu'elles se déroulent. Celles qui laissent entendre que les prochaines seront encore plus brèves. Celles qui te font délirer d'espoir que t'as mal compris, que le sous-texte n'était pas SI clair que ça. Celles qui te mettent la réalité tellement proche du nez que tu vois double. J'aurais aimé ne jamais avoir cette conversation aujourd'hui. J'aurais continué ma vie comme hier, quand je ne me posais plus de questions. J'aurais continué ma vie comme hier, quand je rêvais à aujourd'hui comme une autre journée sans conversation comme celle-là. Nos jours sont sans doute comptés. J'aurais aimé ne jamais avoir cette conversation aujourd'hui. J'aurais continué ma vie comme hier.
  
  

Est-ce que j'ai oublié?

  
  
Je me rappelle de plusieurs événements, des touchers non sollicités, des baisers à contre-coeur. Et même, à quelques reprises, de baiser juste pour me débarrasser du mec. J'ai décidé d'enterrer tout ça et d'avancer. Mais il y en a quelques uns qui refusent de faire moins de bruit dont cette fois où ma grand-mère a surpris le voisin en train de m'enduire le "dos" de crème solaire, comme si mon dos était mes seins. J'avais huit ans. Où cette fois où un gars, une vague connaissance, m'a suivi jusqu'à chez moi et m'a gossé jusqu'à ce que je flanche et le laisse entrer. Et me violer. Parce que dans le fond, c'est bien ça. Parce que dans le fond, j'ai jamais accepté de coucher avec lui. J'ai même tenté de signaler au chauffeur d'autobus que j'étais en danger, mais sans succès. J'avais 17 ans.

Je regarde ce qui se passe avec Brett Kavanaugh et j'ai des frissons à tous les jours. Ces femmes qui maintenant se rappelent des attouchements, des aggressions... Comment c'était "no big deal", parce que "boys will be boys". Comment dans le fond, tout ce qu'on voulait c'était de faire la fête avec nos amis et peut-être rencontrer un gentil garçon. Pour finalement se faire enfoncer une langue dans la gorge par un gars saoul.

Et chaque jour je me demande.... Est-ce que j'en ai oublié? Est-ce que dans ma volonté de ne pas m'attarder au passé j'ai pas enfoui des choses beaucoup plus douloureuses? Je sais pas. J'ai peur en fait.

  
  

Facebook et le mépris cultivé

  
  
Ce matin, encore cette réflexion qui m'assaille, qui m'obsède. Je suis tellement tannée de vivre ta vie. Ces observations du cute ou du merveilleux à chaque jour, comme si ces moments ne pouvaient exister s'ils n'étaient pas partagés sur un réseau social ou un autre.

Je n'éprouve aucune curiosité pour tes conversations dans le noir ni pour tes enfants qui à te lire sont absolument uniques et fabuleux. Je n'éprouve RIEN à part une sensation désagréable that I'm being bullied into appreciating your fucking (and not so special) life.

Je sais que c'est moi qui a un problème avec tout ça, que je devrais gérer et passer à autre chose. Mais ça m'agresse et me fait te détester. Par ton besoin constant d'attention, de validation et de représentation. Détester aussi ceux qui nourrissent cette quête et t'encouragent.

Tout le monde a une vie fabuleuse par moments, ordinaire à d'autres. Et si encore tu n'avais pas cette compulsion de t'injecter partout, même en rapportant des observations qui ne devraient appartenir qu'à ceux et celles qui les vivent...

Je n'ai pas de conclusion à tout ça. Juste un feeling désagréable et constant. 
  
  

Notes du temps à venir #1

  
  
C'est quand même drôle. La ménopause me faisait peur avant, surtout parce que je craignais perdre ma libido. Mais dans cette nouvelle tempête corporelle je comprends maintenant qu'il y a pire... Ou en tout cas, de plus ennuyeux. Comme c'est là j'en ai vraiment rien à chier de ma libido. J'ai des règles au 40, 30, 15, 25, 35 jours, c'est une surprise constante! J'ai aussi élucidé (par déduction, non par recherches scientifiques) le mystère de la prise de poids... Motherfucking CARBS CRAVING. Pas étonnant. T'es en SPM 24/7.

Je suis épuisée. J'ai mal partout. Je digère mal. Je dors de façon sporadique. J'ai le moton en permanence (pas de déprime, juste d'émotivité... Le soleil m'émeut, les écureuils m'émeuvent, regarder les éboueurs travailler si fort m'émeut). Je suis sortie courir mercredi et j'ai eu de la misère à faire 3km. J'étais ballonnée, racquée, boursouflée... 

Je me dis que tout ça, c'est une sorte de purgatoire. Que je suis dans le pire moment. Que d'ici un an ou deux ça va s'estomper, se stabiliser. Peut-être que je me fais des accroire. Mais comme c'est là, c'est le mieux que je puisse faire pour passer au travers.
  
  

Notes de course #1

  
  
C'est avec une belle grande joie que je constate que mon temps de puce est sous les 40 minutes! 39 minutes 6 secondes. Avec un minimum de marche, peut-être 3-4 minutes au total. Je suis VRAIMENT fière de moi. Par contre avec la chaleur, je sais que mon progrès n'a pas été aussi rapide que je le souhaitais. Mais ma prochaine course est le 22 septembre et je compte bien atteindre le 37 minutes.

C'était vraiment agressant tous ces humains autour de moi, dans mon espace. En plus certains avaient oublié le déo... La grosse musique dance aussi, why why whyyyy? En tout cas, j'ai mis Sleep's Holy Mountain et je suis partie au signal.

Je n'en ai parlé qu'à une seule personne (à qui j'ai aussi dit que je pensais faire mon 5k en 35 minutes, mais c'était avant de m'être chronométrée comme du monde alors pardonne moi Pat, c'était pas pour me vanter, juste une erreur d'évaluation) mais je crois bien que mon objectif d'entrainement pour la prochaine saison sera le 10k. J'ai la preuve que j'ai la discipline et la drive. Et je sais qu'avec des objectifs clairs et réalistes j'arrive à progresser sans abandonner ni me décourager. Et le plus fou: J'AIME courir.

Je suis extraordinaire dit-il. Et en me le répétant pendant la course j'y ai cru, tout semblait possible.
  
  

je penserai à toi

  
  
Je fais ma première course demain. Je suis lente. Mon entraînement n'a pas progressé comme je l'aurais souhaité cet été, j'arrive même pas à passer sous la barre des 40 minutes pour un misérable 5 kilomètres. Enfin, je ne participe pas pour la compétition, sauf avec moi-même. Il me restera un autre mois pour la prochaine au Marathon de Montréal (ça fait moins cool de dire, la journée AVANT le Marathon...).

Je suis vraiment nerveuse mais ce qui est désagréable c'est que ce n'est pas la course elle-même qui m'angoisse. C'est la foule. L'événement. Les gens, les bruits, les comptoirs où il faut s'inscrire, laisser son nom. Comment m'y rendre (bus, scooter et si scooter, où me stationner?) À quelle heure partir? 

Ça empire d'année en année et je ne sais pas comment gérer ces angoisses. Et je me demande, est-ce que je les nourris en les laissant monter à la surface? Me semble que d'étouffer ces émotions serait plus nocif. Le pire c'est que chaque fois, une fois dans l'action, tout coule, je gère et ça va bien. Enfin, je tente de rester zen, je vais bien manger, essayer de ne pas trop fumer de weed et me coucher tôt. Aléa jacta est.

Un baume, ce doux courriel ce matin: "je penserai à toi, tu es extraordinaire"... Qui rend tout cela très vrai, et tout à fait possible.