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et avec la mesure dont vous mesurez il vous sera mesuré

  
  
J'ai fait quelque chose de terrible tantôt. J'ai croisé un mec et je l'ai jugé ouvertement. Je sais pas ce qui m'a pris. En fait oui, je le sais. Je me sentais vraiment hot à cet instant, avec ma mini jupe, ma camisole, mon tatou, mes 40 livres en moins... Je marche et ce gars s'en vient vers moi, clairement de retour du bureau, business casual (kakis, chemise blanc bleu col ouvert), sac d'ordi à l'épaule. Fin quarantaine, les cheveux poivre et sel, grand... Il est vraiment beau. Mais il a un bide et sans doute une trentaine de livres en trop. À tout autre moment de ma vie, cette constatation ne m'aurait même pas traversé l'esprit. Mais là, en cet instant précis, je me suis sentie tellement supérieure. J'ai regardé son bide et je l'ai ensuite regardé dans les yeux. Et j'ai continué mon chemin.

J'ai été invisible aux yeux de ces hommes-là pendant tellement longtemps, j'avais l'impression de me venger. Et honnêtement, si cette scène s'était produite il y a trois ans, il ne m'aurait même pas vue. Ça n'excuse rien, bien entendu. Et une heure plus tard je me sens encore coupable. Non seulement il m'a vu, mais il a vu mon regard et mon jugement et je connais ce sentiment beaucoup trop intimement pour m'imaginer que cela ne l'a pas blessé même un peu.

Je ne veux pas que toute cette confiance en moi, acquise au coût de grands efforts, ME transforme. C'est comme une drogue. Plus j'en gagne, plus j'ai le jugement facile et ma perception des gens est teintée d'une certaine rancoeur. Je cherche les bons mots, je n'y suis pas encore. Mais cette réflexion est intéressante et aussi essentielle.  
  
  

Word

  
  
"Certainly, an ethical and evolved life entails a whole lot of doing things one doesn't particularly want to do and not doing things one very much does, regardless of gender. But an ethical and evolved life also entails telling the truth about oneself and living out that truth." -  Cheryl Strayed  
  
  

Vocalises

  
  
J'arrive de mon cours de chant. Mon problème avec les compliments en prend plein la gueule. Je sais pas trop exactement quand ça s'est matérialisé dans mon esprit, j'ai de ces profondes réalisations presque tous les jours maintenant.

J'allais écrire étape. Mais ce ne sont pas des étapes. Les choses se suivent et ne se ressemblent tout simplement pas. Quand j'ai découvert l'écriture et les blogs. Quand je me suis séparée. Quand je suis revenue à Montréal (laissant derrière une autre relation). Quand j'ai arrêté de fumer. Quand j'ai commencer à utiliser une machine cpap, par le fait même réglant une trâlée de problèmes de santé que je croyais liés à... Quand j'ai perdu du poids tout en regardant ma relation avec la bouffe bien en face. Quand j'ai commencé à courir il y a 9 mois. Quand je me suis fait faire mon premier tatouage il y a deux semaines.

Je porte maintenant des shorts et des soutiens-gorge sans bretelles. Je passe dans tous les tourniquets sans avoir à me tourner. Je fit dans les fauteuils au cinéma et dans l'avion. Je fit sur les bancs de bar.

Vitesse grand V. Mais je frappe en masse de murs. Je sais reconnaître les signes. J'en prend trop, je deviens maniaque, imagine les scénarios les plus grandioses et puis je capote, je m'enfarge et je paralyse pendant une couple de mois. Rinse and repeat. It's all good. Je m'en vais dans la bonne direction peu importe les détours.

Voici donc une nouvelle non-étape. Je chante en secret depuis toujours mais suis incapable de le faire en public. Mes quelques expériences dans les partys de famille ou dans les karaokés ne font que renforcer ma gêne (que je peux maintenant associer à mon aversion pour l'attention positive). Mais je suis rendue là. Aujourd'hui à la fin d'une phrase bien sentie pendant Someone to Watch Over Me j'ai vu la chair de poule se former sur le bras de ma prof. Elle m'a regardé toute heureuse, "t'as vu, tu me donnes la chair de poule, t'as tellement une belle voix!". J'ai beaucoup de misère à ne pas me sauver, à ne pas dire, bon non c'est ta clim. Je le prends. Je prends tout, j'ai le droit, je ne dois plus jamais refuser de m'accomplir.
  
  

Envoi urgent

  
  
J'ai eu cette idée, de l'urgence qu'il faut adresser. Ces mots qui viennent mais ne restent jamais.

Je leur impose ce détour.

Il y a cette autre urgence. Celle de s'exprimer sans représentation, sans audience. Non pas pour s'adresser à l'écho. Mais plutôt pour ne pas l'entendre.

Je respire.
  
  

Dérives

  
  
J’ai l’impression d’une tornade emportant toute notre humanité, nos humilités, nos vulnérabilités, nos pudeurs altruistes, le sens même de ce qu’est être une personne... Un gros tas de poussières virevoltant parmi les ruines de nos constructions, soufflant le fin dessein d’un idéal humain, détruisant ces routes délicates qui nous amenaient vers l’autre.

Dans l’après, les vestiges d’une structure qui n’aura tenu que faiblement, là où la vanité est devenue monnaie d’échange dans le commerce des places disponibles. Nous construirons un nouveau Stonehenge.
  
  

Décidément...

  
  
Blogue perdu, retrouvé, perdu à nouveau, presque retrouvé. Je m'étais mis en tête de faire le ménage de mes services d'hébergements et mes domaines, et j'ai fait un tellement bon ménage que j'ai tout flushé. Enfin, j'ai tout déménagé sur Blogger, que j'avais délaissé depuis 2006 (ahhh la belle époque) et je suis en attente du backup de mon hébergeur pour ce qui pourrait manquer ici.

Aucune idée de ce que ça veut dire. Écrira, écrira pas? Mais il me semblait que c'était la bonne chose à faire, garder tout ça en ligne.

Alors voilà, brèves explications pour les amis qui passent encore, malgré la sécheresse.

C'est toujours la même affaire. Je pars, je reviens. Et quand je reviens, je me dis, c'est vraiment agréable, je devrais faire ça plus souvent! Et puis non, je pars dans une autre direction, pense à autre chose. J'ai même peur de dire que c'est super chouette en ce moment, que je vais revenir, parce que si je ne le fais pas, je vais me sentir coupable (envers qui bon dieu? ah, oui, moi, pour ne pas avoir mené le projet à bien, comme les 5648 fois précédentes).

Sur ce. Plein de choses. Lets see!
  
  

The convergence of random variables

  
  
Back... Almost. And it’s not because I’m still over there. I’m somewhere in between, somewhere I’ve been that is pulling me in, still. Wrote for days on end. Nothing that I would put here nor there, but wrote nonetheless, as if to prove. As if to remember the sleepless nights when I could not even help it, could not contain it. For now all I can do is dig, reach, pull and hope that what appears on the page holds some kind of meaning. And yet, commandeering any and all of my intents is the need to express, to convey, to tell. How is the answer, if there was a question.

I had this great big thought while in Sauve. Thoughts I should say. I will write. But I need my own space. So I just got a desk and a chair from the classifieds and I’m turning my room around tomorrow. This will be, quite literally (yes, I’ve read the book, and yes, I know it’s not only about the title), a room of my own.