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Ainsi donc, après une résonance magnétique et une visite chez le neurologue on m'apprend que je n'ai pas de tumeur au cerveau. Pas de sclérose en plaques. Pas de fucking RIEN. 

"J'ai le regret de vous apprendre, madame Swan... que vous êtes en excellente santé!" Dans ma tête je l'ai entendu dire LOL à la fin de sa phrase. J'en ai quand même presque pleuré de soulagement.

Je devrai maintenant accepter que tous ces symptômes étranges sont bel et bien dus au fait que j'ai maintenant presque cinquante ans, que la ménopause m'attend au tournant et que peu importe ce que je ferai de ma vie à partir d'aujourd'hui, je dois comprendre que je ne suis plus en mode pratique là. La phase exploratoire est terminée. This is as good as it gets. 

En regardant autour de moi je vois certaines personnes abordant la soixantaine qui ont l'air d'en avoir quarante (dans leurs yeux et leur sourire). C'est à ça que j'aspire. Certainement pas à la gang qui porte le poids de leur quarantaine en attendant la retraite dans l'agonie la plus lente et inutile qui soit. Je vous vois, tous les jours, dans les couloirs au boulot, sur la rue, à l'épicerie... Et j'ai envie de vous brasser, de vous dire "Mais voyons crisse, VIVEZ!".

Je sais que j'ai fait des choix égoïstes dans ma vie. Mais jeudi le 17 janvier 2019 m'a semblé une bonne date pour lâcher-prise sur toute culpabilité récalcitrante. Je ne veux plus m'enfarger dans ses vestiges. 
  
  
  
  
Je dois partir dans 10 minutes. Je suis maquillée, je porte une robe. J'ai fait des biscuits. J'ai choisi assez soigneusement tous les cadeaux, qui je sais seront reçus avec un enthousiasme moyen. 

Mon seul geste de protestation aura été d'acheter des sacs plutôt que de passer des heures à faire des emballages soignés, qui finissent anyway dans le recyclage ou les poubelles.

Et plus la journée avance, plus je regarde mon fil FB et Reddit, plus je me demande à quoi bon tout ça. Pourquoi se souhaite-on Joyeux Noel? Personnellement j'en ai rien à cirer. Absolument rien. 

Je sais aussi que cette année sera sous le thème de la petite S. Avec qui je ne pourrai établir de lien avant des années puisque à chaque visite mon père et sa blonde se l'accaparent. Petite qui occupe toute la place dans leur vie maintenant. Mon père agit comme s'il n'avait pas eu deux autres petits-enfants avant elle et honnêtement ça m'insulte et me blesse. 

J'ai réussi à passer outre le fait qu'il ait été absent de ma vie pendant mon enfance alors qu'il a été un père super présent pour son fils. J'ai passé outre parce que je n'ai pas le choix, je n'ai pas d'autres parents et entretenir de la rancœur n'apporte rien de positif dans une vie. 

Mais aujourd'hui, là là, j'ai zéro envie de le voir, de l'entendre s'épater de la petite et complètement ignorer ses deux autres petits-enfants. Zéro envie de prendre le char que j'ai loué à grand frais pour aller dans un environnement qui ne fait que me rappeler la partie à temps partiel que j'occupe dans la vie de mon père.

Je dois partir maintenant. Inutile de dire que j'ai déjà hâte d'être revenue.
  
  

No wonder we fucked up

  
  

J'aurais tellement aimé être capable de lui expliquer dans ces mots là. Encore aurait-il fallu que je le comprenne moi-même... 
  
  

Il y a de ces conversations...

  
  
Celles qui te disent qu'il n'en reste plus que quelques unes après celle-là. Celles que tu ne veux pas avoir, même pendant qu'elles se déroulent. Celles qui laissent entendre que les prochaines seront encore plus brèves. Celles qui te font délirer d'espoir que t'as mal compris, que le sous-texte n'était pas SI clair que ça. Celles qui te mettent la réalité tellement proche du nez que tu vois double. J'aurais aimé ne jamais avoir cette conversation aujourd'hui. J'aurais continué ma vie comme hier, quand je ne me posais plus de questions. J'aurais continué ma vie comme hier, quand je rêvais à aujourd'hui comme une autre journée sans conversation comme celle-là. Nos jours sont sans doute comptés. J'aurais aimé ne jamais avoir cette conversation aujourd'hui. J'aurais continué ma vie comme hier.
  
  

Est-ce que j'ai oublié?

  
  
Je me rappelle de plusieurs événements, des touchers non sollicités, des baisers à contre-coeur. Et même, à quelques reprises, de baiser juste pour me débarrasser du mec. J'ai décidé d'enterrer tout ça et d'avancer. Mais il y en a quelques uns qui refusent de faire moins de bruit dont cette fois où ma grand-mère a surpris le voisin en train de m'enduire le "dos" de crème solaire, comme si mon dos était mes seins. J'avais huit ans. Où cette fois où un gars, une vague connaissance, m'a suivi jusqu'à chez moi et m'a gossé jusqu'à ce que je flanche et le laisse entrer. Et me violer. Parce que dans le fond, c'est bien ça. Parce que dans le fond, j'ai jamais accepté de coucher avec lui. J'ai même tenté de signaler au chauffeur d'autobus que j'étais en danger, mais sans succès. J'avais 17 ans.

Je regarde ce qui se passe avec Brett Kavanaugh et j'ai des frissons à tous les jours. Ces femmes qui maintenant se rappelent des attouchements, des aggressions... Comment c'était "no big deal", parce que "boys will be boys". Comment dans le fond, tout ce qu'on voulait c'était de faire la fête avec nos amis et peut-être rencontrer un gentil garçon. Pour finalement se faire enfoncer une langue dans la gorge par un gars saoul.

Et chaque jour je me demande.... Est-ce que j'en ai oublié? Est-ce que dans ma volonté de ne pas m'attarder au passé j'ai pas enfoui des choses beaucoup plus douloureuses? Je sais pas. J'ai peur en fait.

  
  

Facebook et le mépris cultivé

  
  
Ce matin, encore cette réflexion qui m'assaille, qui m'obsède. Je suis tellement tannée de vivre ta vie. Ces observations du cute ou du merveilleux à chaque jour, comme si ces moments ne pouvaient exister s'ils n'étaient pas partagés sur un réseau social ou un autre.

Je n'éprouve aucune curiosité pour tes conversations dans le noir ni pour tes enfants qui à te lire sont absolument uniques et fabuleux. Je n'éprouve RIEN à part une sensation désagréable that I'm being bullied into appreciating your fucking (and not so special) life.

Je sais que c'est moi qui a un problème avec tout ça, que je devrais gérer et passer à autre chose. Mais ça m'agresse et me fait te détester. Par ton besoin constant d'attention, de validation et de représentation. Détester aussi ceux qui nourrissent cette quête et t'encouragent.

Tout le monde a une vie fabuleuse par moments, ordinaire à d'autres. Et si encore tu n'avais pas cette compulsion de t'injecter partout, même en rapportant des observations qui ne devraient appartenir qu'à ceux et celles qui les vivent...

Je n'ai pas de conclusion à tout ça. Juste un feeling désagréable et constant.