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Showing posts from September, 2006

She, and others

  
  

I'd watch the door to see her walk in every night. She usually came in on Tuesdays and Fridays. I would wait for her to take a seat, and then change my section with another girl to work in hers.

The bingo hall seemed to come alive to me. I would walk to her and sell her cards. She would always smile and ask how I was and give me nice tips. The first time I saw her, I blushed violently and a co worker asked me what was wrong. I couldn't answer, couldn't talk. My eyes followed her across the hall and all I knew about desire was thrown out the window. I didn't know much at 15, but enough to recognize this as something I would not experience often. 

She wore a fur coat and when she'd take it off, that was the best moment of the evening. She had long brown hair, sleek and shiny. Her body was a sea of unkowns that I wanted to touch. Not a small woman. With wonderfull breasts and an ass my hands were hungry for. Once I was close enough that despite the thick layer of smoke I smelled her perfume. Ysatis.

For weeks I went to sleep fantasizing about her, her body, her skin, her mouth on mine, her hands showing me where to put mine, her voice in my ear, asking me to, telling me to. 

I will always remember her, although I forgot her name a long time ago. And through the years I've lusted after a few women without shame, but without doing anything about it.  But what I think I've learned early on is that falling in lust can be as consuming as falling in love.

That need, desire, hunger, that nothing can quench.  Lust can be as fullfilling but also as damaging as love. The loss, the end, when there is nothing to do but to part. But to feel so real, so alive, so powerful, so whole, even for a moment, can be worth the pain. Yes we are animals, yes, we aspire to higher thinking when in fact all we really want is a good fuck once in a while. And so what?

Some days I think all this is accessorial. Nothing more than instant gratification that will lead to nothing good. But that instant when eyes meet, when fingers spark fires, when everything is senses, is an instant I feel alive. Without effort life comes to me. Once in a while, I enjoy that.

  
  

Visite

  
  

Côté sud... À l'est de St-Denis... Je fais le tour du bloc lentement une fois, deux fois, trois fois. Le soleil se couche et à chaque passage je vois la lumière entre les rideaux. La fenêtre est entrouverte et le vent les déplace un peu. Pas assez. Pas assez pour voir la couleur des murs. Pas assez pour me convaincre qu'il n'y a personne et que je perd mon temps.

Je cherche un stationnement anonyme, comme si ça existait. Debout à côté de l'auto je replace mes jeans, mon soutien-gorge, mon chandail. Ébouriffe mes cheveux, pince mes joues, barre la porte. Personne sur le trottoir. Personne aux fenêtre. Personne sur les balcons. Je flotte vers. Vers.

Traverse, tourne le coin, traverse. Pas de voitures qui circulent. Tout s'est arrêté. N'existe que le fil entre moi et la porte. Entre mon doigt et la sonnette. Entre mes yeux et les siens. Je sonne, en espérant qu'il n'y ait pas de réponse. En tentant d'entendre l'absence de pas. Silence. Le corridor reste vide. Je vois des marches qui montent par la petite fenêtre, qui disparaîssent dans le noir, vers une porte qui s'ouvrira sûrement maintenant que j'ai sonné une deuxième fois. 

Lumière, jambes, mains. Je ne vois plus rien. Jusqu'à temps que son visage joue comme une réflexion du mien à travers la vitre. Suspendus dans la seconde de la découverte. Tout changera. Tout et rien ne sera pareil. Et la chaleur s'échappe à mesure que la porte s'ouvre. Je me glisse à l'intérieur sans mesurer si je passe dans l'espace entre la chambranle et son corps. Contact.

L'écho des sons de la vie en haut est vrai. L'odeur des soupers d'hier. Nos souffles courts. Le clic de la porte qui se referme. Mon sac à main qui tombe par terre. Je touche son visage, comme s'il m'avait toujours appartenu. Comme si je l'avais toujours fait. Mes mains sous son chandail et les siennes sous le mien. C'est tout, tout ce qui existe.

Il faudrait monter, faudrait aller en haut. Faudrait se dire bonjour à la rigueur. D'autres plans se sont imposés, et nos bouches n'ont vraiment rien à se dire, trop occupées à se toucher, caresser, goûter. Trois pieds par trois pieds, c'est tout l'espace dont on a besoin. La lueur des lampadaires, la lueur de la vie en haut. J'avance, le pousse contre le mur, étend mon corps contre le sien, sens ses doigts descendre mon dos et prendre mes fesses. Je recule, m'arrache de quelques centimètres pour détacher sa ceinture. Je veux voir.

Je remonte son t-shirt un peu. À genoux, mes lèvres sur son ventre je ferme les yeux un instant et laisse ma langue voir. Voir que son désir est le même que le mien. Et dans ma bouche j'ai maintenant tout ce dont j'ai envie. Je caresse ses fesses, le tirant vers moi, toujours plus près. Ma tête entre ses mains. Et je donne, je donne, je prend. Ses jambes fléchissent un peu, s'ouvrent, et je passe mes bras autour de ses cuisses. Je suis perdu entre ses jambes. 

Il me remonte, me met debout, me retourne face au mur. Il tire mes cheveux pour prendre mon cou. Son autre main est déjà sous mon jean, sous ma culotte, sous. En. Et je me balance contre elle. Le mur. Le mur et ma joue. Mes fesses offertes. Et je lui appartiens, le moment où il me pénètre, entre, me possède entière parce que c'est son droit d'entrée. Tout en échos dans les escaliers.

J'aurais pu visiter, mais il se faisait tard. Ce sera pour une prochaine fois. 

  
  

Defrag, scandisk et al

  
  

Deleted. Not yet. Not quite.

Coming back. Regaining some kind of human form.

The deletion amplifying as my mind eases into a comfortable position. 

Like passes. Like a file cleaner. How many passes should I allow?

Complete irradication. Or traces. Lost file fragments.

Things are starting to make sense again.

Reality is not hiding, not a nightmare, not unbearable.

I don't want to disapear, not as much anyway.

Thought I needed to format, but 

BSOD... Memory dump. Reboot.

The files survived after all.

Compress old files? Yes. 

I'm much quicker on startup, with minimal damage.

 

  
  

De la fuite dans les idées

  
  

Je sais pas trop d'où l'idée m'est venue. Mais entre le sofa et la chaise, entre la clope pis le joint. La fin de Studio 60 on the Sunset Strip (plate), le générique qui défile à mach 2, mon gmail notifier qui fait un saut. Les pas entre ces deux mondes m'ont fait oublier la raison de l'élan que je m'étais donné pour quitter l'île inclinable pour le radeau sur roulettes. Devant ma source et mon puit sans fond.

Je peux prendre, prendre, prendre sans arrêt. Je lis, sans arrêt. Les mots, partout. Français, anglais, même espagnol. Je ne commente pas beaucoup, je ne participe pas. Je regarde, j'absorbe, me submerge dans les consonnes, virgules, la grammaire chante son air si familier, si réconfortant. Je me berce des accords, des participes, parmi les subordonnées, les radicaux.

Je peux donner, donner, donner, sans arrêt. Déverser, déborder. Mais aussi offir. Nulle part ailleurs je pourrais donner autant, sans retenue, sans remords, sans rougir. Fermer les yeux et tout garrocher. 

Mes langues me torturent parfois. Une phrase m'arrive, comme ça, sans avertissement, en pleine conversation, en train de mettre du gaz ou de brasser les pâtes. Je regarde toujours par en haut quand ça arrive, mon souffle attend que ça passe. J'écris dans ma mémoire:

Is bleak a color?

Et ma tête part en français. Qu'est-ce que je fais? 

Ça fuck tout. I think in images. Comme quand j'ai quitté mon île. J'ai vu quelque chose. C'est peut-être la légende sous l'image qui est en anglais. Course entre l'image et la légende. L'mage gagne. Mais souvent au prix de l'idée. 

  
  

Moment #4

  
  

C'est pas le moment. C'est pas les butchs de cigarettes.

C'est pas la toune. C'est pas la lumière du lampadaire sur la chaise.

C'est pas l'écho des images. C'est pas l'air des mots abandonnés.

C'est pas le combat qui m'a achevée. C'est pas les traces que la folie a laissé.

C'est pas la vision sur hier. C'est pas les demains aveuglés. 

C'est le vide

C'est le silence

C'est le vide le silence le vide le silence 

  
  

Pulling out

  
  

What's funnier? Steve Martin pretending to care on SNL or Johnny Knoxville shopping a taxidermist for his grand mother? Exactly. Watched Amadeus today, with the volume way up. What happend to Tom Hulce anyway? Right now Kenny Rogers is urging me to buy the Superstars of Country Collection, for the pleasure of listening to Ray Price, Conway Twitty and Merle Haggard again and again. All digitally remastered. I could switch. There's 8 Mile on MMM.

Or I might pick up a book. Haven't read much lately, but bought books like crazy. I'm about 10 books late. A mix of noir, sci-fi, auteurs québecois and poetry. And that's not counting the comics. I am of an addictive nature. It used to be dope. Then paperbacks. Then TV. Then something else. And now I'm trying to wean myself again. But TV won't do it. Nor trash novels. Drugs are out of the question. Now I really get what cold turkey means.

I posted the Dylan song because it says so much about appreciation, acceptance of the inevitable or unavoidable. About not having regrets but embracing the past and caring for your memories. I have a choice. My past is mine. I can decide what it means to me and how I look at it in the rearview mirror. Reajusted it. Like when you let someone borrow your car and everything is out of place, out of position. Reajusted. Perfect view. Clear. My hand is on the stick. My eyes look down.  The needle moves up. Stops on D.

  
  

From the north country

  
  

Well, if you're travelin' in the north country fair,
Where the winds hit heavy on the borderline,
Remember me to one who lives there.
She once was a true love of mine.

Well, if you go when the snowflakes storm,
When the rivers freeze and summer ends,
Please see if she's wearing a coat so warm,
To keep her from the howlin' winds.

Please see for me if her hair hangs long,
If it rolls and flows all down her breast.
Please see for me if her hair hangs long,
That's the way I remember her best.

I'm a-wonderin' if she remembers me at all.
Many times I've often prayed
In the darkness of my night,
In the brightness of my day.

So if you're travelin' in the north country fair,
Where the winds hit heavy on the borderline,
Remember me to one who lives there.
She once was a true love of mine.

-Bob Dylan

Click anywhere... 

  
  

If a tree falls, it falls

  
  

I heard it. I turned around and watched it finish it's course at my feet.

The tree fell. The ground wavered. The roots ripped open the earth and I cried.

Infernal noise as tendrils of life let go of the giving soil.

My shouts muffled, green leaves spilling their tears in my mouth. 

The branches bleeding as they are whiping against the forest.

And I touch the blood and bring my fingers to my lips.

My lips.

My tongue pushes softly called by the wetness.

My lips.

Do not open. I will go to sleep thirsty.

I turn around and let it bleed and bleed and bleed.

It's not the fall that killed the tree.

 

  
  

Prends-moi

  
  

Depuis dimanche matin que j'y pense. Que j'ai l'article* plié placé à côté de mon moniteur. Toute la journée des bribes me reviennent. Surtout celle là: "...Plus rien ne choque personne. À moins de se voir dans un miroir pour la première fois.". Oh. Ainsi donc ça arrive aux autres aussi...

Je relis l'article ce soir et les mots exacts qui m'ont tant touchée à la première lecture ne font plus le même effet. Pas que je sois déçue, seulement je cherche l'essence de ce que j'y ai lu et je ne le trouve pas. Alors telle est ma réalité des mots. Ils sont entrés dans ma tête, ont chanté un air que j'aime et sont sortis.

D'autres* m'ont prise à la gorge. J'ai dit oui tout haut après que mes yeux soient passés dessus encore et encore.

On prend les mots comme on prend le bus. Comme on prend une fessée. Comme on prend une brosse. Mais on ne sait pas toujours quoi faire avec. 

Les mots dont je me souviens, je les ai pris, embrassés, suppliés, adulés. Détestés. Aimés. Cinq ans, six mois ou deux jours, ils sont toujours à se chicaner pour le center stage de ma mémoire.

Les mots que j'ai oublié, je les ai pris un court instant, le temps d'un souffle ou d'une saison. Et ils sont partis, sans fanfare, doucement, en laissant seulement une empreinte qui s'estompe lentement.

Mais ressentir l'emprise de mots. Les laisser me prendre, les laisser me porter, me punir, me saouler. Ne pas les placer ni les diriger, mais leur donner la clé. Leurs sons et leur cadence prendre mon coeur et mon esprit.

C'est une faim nourrie d'illusions mais aussi de vie. D'amour, de haine, de mélancolie, de folie, de détresse, d'orgasmes, de peur, de joie. Quand les mots me prennent, c'est là qu'ils me donnent le plus. 

 

 

*Liens

Patrick Brisebois dans La Presse 17/09 pour son nouveau roman Catéchèse aux éditions Alto (que oui je m'empresse de me procurer!)

Tony Tremblay: néant attitude 

  
  

Fear... less than. More though. An equation for sure.

  
  

I said I suck at maths and it's true. So for me, one plus one, that doesn't always equal 2. Eventually yes. With time, understanding the mechanics that led me to the wrong answer, yes, it can make 2.

One. And one. If the ones are the same, then two is a big fat pile of whatever one is. I thought my main equation included shit. Turns out it was fear. At this point. Right now. 

Yes it's all about focus. Yes it is the test. (don't you hate always being right?) Focus on the smallest of actions. That is fearsome. Focus on the big picture is the easiest thing. The shit happened when I overlooked the moment. The shit that I always put in the equation was in fact the result of it. Fear and fear. Add them up. See what happens.

Gut wrenching fear, a moment when I thought I was actually going to loose my mind. My mind. Not in the metaphorical sense. Real. Faced with the small actions I didn't focus on, because the big picture was much more important. I thought.

Gut wrenching fear. Of looking at myself. And understanding. I wasn't overthinking. I was drowning the noise of my actions in the very comfortable bed of words that is my blog. I have made a trip to earth. And discovered I hadn't lived there in a while. Writing. Like drinking, downing pills, smoking. Just battling the noise.

Gut wrenching fear. That in all my selfconsciousness, my search for peace of mind, my clever thoughts, my claims to being a loner, I forgot about being human. I am paying the price right now.

I might never be the same again. I might remain the same forever. I know that I will have, for once, at last, finally understood what this means. The moment. The focus.

And I might also forget this feeling I have right now. Or I might pretend that I don't care too much. So before it all goes away, before I choke on my words, I want to say this:

I love you.

Every single one of you. I mean it and say it without fear. 

 

  
  

Fear… less than. More though. An equation for sure.

  
  

I said I suck at maths and it's true. So for me, one plus one, that doesn't always equal 2. Eventually yes. With time, understanding the mechanics that led me to the wrong answer, yes, it can make 2.

One. And one. If the ones are the same, then two is a big fat pile of whatever one is. I thought my main equation included shit. Turns out it was fear. At this point. Right now. 

Yes it's all about focus. Yes it is the test. (don't you hate always being right?) Focus on the smallest of actions. That is fearsome. Focus on the big picture is the easiest thing. The shit happened when I overlooked the moment. The shit that I always put in the equation was in fact the result of it. Fear and fear. Add them up. See what happens.

Gut wrenching fear, a moment when I thought I was actually going to loose my mind. My mind. Not in the metaphorical sense. Real. Faced with the small actions I didn't focus on, because the big picture was much more important. I thought.

Gut wrenching fear. Of looking at myself. And understanding. I wasn't overthinking. I was drowning the noise of my actions in the very comfortable bed of words that is my blog. I have made a trip to earth. And discovered I hadn't lived there in a while. Writing. Like drinking, downing pills, smoking. Just battling the noise.

Gut wrenching fear. That in all my selfconsciousness, my search for peace of mind, my clever thoughts, my claims to being a loner, I forgot about being human. I am paying the price right now.

I might never be the same again. I might remain the same forever. I know that I will have, for once, at last, finally understood what this means. The moment. The focus.

And I might also forget this feeling I have right now. Or I might pretend that I don't care too much. So before it all goes away, before I choke on my words, I want to say this:

I love you.

Every single one of you. I mean it and say it without fear. 

 

  
  

I think...

  
  

I might make it. Soon.

Thank you for your comments. 

They gave, give me strenght. 

This space here, in a year has brought me to face many emotions. Many events.

But the real thing, life, is the most powerful and painful miror of them all. 

  
  

I think…

  
  

I might make it. Soon.

Thank you for your comments. 

They gave, give me strenght. 

This space here, in a year has brought me to face many emotions. Many events.

But the real thing, life, is the most powerful and painful miror of them all. 

  
  

Silent, silent storm

  
  

Life has sucked me in. It has no intention of spitting me out right now. I'm lost, very lost, in the deepest hole I've ever been in.

I might stay silent for another day, or a week, I don't know.

Everything I have, I am giving this hole, in hopes to fill it.

It might work. I hope so.

Thank you for being here, always. 

  
  

Floor plan

  
  

The edges are blurred and I wonder, no, I ponder. I still have questions, too many with answers stapled to their backs.

I have many things going for me. I have many things I keep close to my heart that surely one day will destroy me.

Beyond the scratch at the roof of my mouth that I can't stop tonguing. Maintaining the scratch.

I've seen myself at the very end of this moment, on the verge of making that final step, one too many times. I know I will not make it. Not that step.

I was in town on Friday. Walked to the bar. Stayed outside, had a smoke, made a call, chatted with the friendly bartender who was having a cigarette. Did not go in.

He says "Come in, come in!" I say "Nah, I don't like walking in alone. In fact I don't like", "walking in at all" he finishes my sentence. And I say yeah...

Looked at my shoes. Looked around. Kissed goodbye. Can't walk in at all. Some places I shouldn't have gone in. Some places I deny myself access to.

But I have it backwards I know. The places where I am lost in are the ones I ate the keys for. The ones I won't go in are exactly where I need to be.

My mouth is bleeding and I swallow, thinking that's all I'm good for. If I get sick, I will get sick of me. Because that's all I do. Make sure no one but myself is to blame. 

I erase myself from your lives, your eyes, your thoughts. I want to be invisible, so that the only responsability I will bear will be of never having been true. To myself.

I write and I think and I understand. But still chose to fucking poke the scratch again and again and again. I'm beyond pain. My tolerance has reached incredible heights. I don't even know what's real anymore.

The only emotion I hear from my words is the sound of the keyboard, my nails sliding off the keys once in a while and hitting backspace. I have no more to say tonight. I need.

So it is said. I need.

 

  
  

A lesson

  
  

Something. Something in the history that we wanted to write.

That will never make it in the books.

Jumping was the easy part. But climbing out became our daily gamble.

What was there to lose but frowns upon our good life?

Sill, stalled on the lips of the well, sitting and waiting and thinking about not thinking.

Faltering, bending, giving in. Going back and back to the start line.

One too many times. 

This is the last time. This is the last time.

Who fell... Who's out dancing with the world, crying to be dead?

Who's alive... Who's trapped in the silence of too much certainty?

It's not our souls that are lost. The words showed them the way.

Long before we stopped understanding them. 


 

  
  

Juste un

  
  

One good man 

 

J'enlève un écouteur, le temps de lui demander. Parce que j'ai pas envie de me ramasser au mauvais étage, perdue. 

-S'cuse, les livres en anglais, c'est toujours en bas?

-Oui, juste à droite en descendant.

Remet l'écouteur. M'enligne sur les escaliers. Prudente. J'aurais peut-être pas du fumer le joint au complet. J'pense aux pancartes, j'espère que j'ai bien compris. Que je suis pas parquée dans un espace réservé aux permis. J'ai vraiment soif et je regrette d'avoir jetté ma bouteille d'eau à moitié pleine deux coins de rue plus tôt, parce que je savais plus quoi faire de mes mains, et qu'à chaque gorgée ça me coulait sur le menton anyway. Je retiens mon fou rire sans raison en mettant ma main sur la rampe et vérifiant deux fois plutôt qu'une que mon pied va bien atterir sur la première marche.

Honey, I love to go to parties
And I like to have a good time

Pffffft, c'est tellement pas moi. Mais dans ma tête, dans ma vie secrète, je suis une party animal. Et la riff de blues me turn on comme si c'était vrai. Je sais que les escaliers craquent, même si je ne les entend pas. C'est mou sous mes pieds. Je me demande si je dois pencher la tête rendue en bas, mais je prend le risque, et oh surprise, ça passe. Ma perception des distances et des grandeurs est loufoque, je ris pour vrai et tourne à droite.

An I dont want much outa life,
I never wanted a mansion in the south.

Non, c'est ça. Juste des bons livres, de la bonne musique, personne pour me faire chier. Et personne au sous-sol. C'est sombre, juste assez éclairé pour que je puisse voir les tranches et tasser les Harlequins et me laisser surprendre par des titres ou des auteurs qui veulent me rencontrer.  Bonsoir, monsieur Kerr, monsieur Lieberman! Oh, wow! Wow! Deux Peanuts de Fawcett Crest Books que j'avais pas! Je ne rêve tout de même pas, je sais que ma chasse ne me donnera pas d'Andy Capp, toujours de Fawcett. Mais je trouve tout de même un manuel essentiel de 1902 destiné aux femmes de 45 ans et un dico Webster  pour la prononciation, édition 1932 annoté par plusieurs générations.

One good man, oh,
Oh baby dont you know Ive been looking, hmm.

Pas vraiment, pas cherché. Ça me tombe dessus des fois. Je le prend. Comme le mec à la caisse, je le prendrais bien. Ou celui dans le rayon des polars au premier. Ou... ou... Je suis courbée vers l'avant, une main sur le bord du rack, ma tête suit le rythme et je commence à oublier les escaliers, les murs, la grandeur de la pièce. Seule l'odeur des millions de pages à mes pieds me rappelle que je suis dans la réalité. Une ombre passe sur les chevaliers à chemise ouverte que j'ai mis de côté et l'air prend une texture nouvelle. L'ombre s'arrête. Une main sur ma hanche, il s'appuie doucement contre mon dos et remonte ma jupe de l'autre.

Just-a everything, everything
Ah yeah.

Ma culotte est en route vers mes genoux et son majeur glisse entre mes lèvres. Je dois avoir gémi, parce qu'il met sa main sur ma bouche. J'écarte mes jambes un peu plus, autant que mes limites en dentelle me le permettent. Et je sens sa queue s'enfoncer en moi, sans avertissement, sans frapper. Mes cheveux les rennes, mon sein le pommeau. Mes fesses et son ventre se battent. J'ai l'oeil sur les escaliers, j'espère presque que quelqu'un débarque. C'est trop hot, j'aimerais des spectateurs. Les montagnes de Stephen King s'écrasent par terre, il me repousse vers l'avant et je m'étend sur le présentoir, et ses mains saisissent mes fesses et les écarte et les tire et les pousse et tout ce qu'il y a c'est sa queue en moi et l'odeur et la musique. Et plus il me baise fort plus j'ai envie que ça ne finisse jamais. Je me relève sur mes bras, le sens ralentir tout en s'enfonçant plus loin. Je sens sa queue grossir, grossir, atteindre le fond, y rester. Ses doigts serrent mes fesses une dernière fois, et il bat en moi.

C'était lequel? L'ombre continue son chemin. Je remonte ma culotte. Et sens le souvenir s'écouler lentement. Je n'ai dépensé que 21.50$ 

  
  

Ramblings

  
  

I just don't see the point of doing anything. Whatever I do, I seem to be taking the wrong steps. I feel like I'm the end of my rope right now. Again.

I'm mostly pissed off about what I write. I'm whinny. I'm negative. I'm lonely. I'm nothing. Fuck. (yeah, that sounds like a great idea)

As I have written not long ago, I can't seem to dig, to understand, to grasp my shit. Zen Master, you are helping of course... I think I just need to stop, breath, and jump. Just do something for christ's sake. If I can't see straight it's because I've dug deep enough. And no amount of procrastination will replace action. Every day something happens that tells me I should. I somehow chose to ignore all the signs and stagnate. Smell my own stink. And enjoy it.

On a lighter note, I'm going back to the gym starting tomorrow. I was fairly active all summer, but not enough to wake up my muscles. I have gained only 3 pounds since January, I'm proud of that. I just need a little tightening.

  
  

Se faire prendre... à donner

  
  

Je suis tellement désolée. Tellement. Pour ton bonheur parti. Pour l'ironie de la situation. Après le fait. Quand tout est fini.

Désolée parce que t'as jamais su à quel point je t'ai détesté, à quel point j'me suis haĩe. Si tu l'avais su, tu comprendrais. Mais j'suis pas capable d'haĩr. J'suis pas capable de vouloir du malheur. C'est pas dans ma nature de souhaiter du mal, peu importe le bagage.

Je l'sais quand je me fais avoir. Quand on me monte un bateau. Des fois j'me laisse faire. Mais là je sais que c'est pas une game. Pis ça me peine énormément.

Quand on laisse trainer des affaires, c'est parce qu'on est paresseux. Ou parce qu'on veux que quelqu'un les trouve. J'ai laissé trainer quelque chose en décembre, parce que je voulais. Parce que fallait que ses yeux tombent là dessus, peu importe le résultat. Pourquoi t'as laissé traîner tes affaires? Pourquoi c'était encore là? Alors que tu as tout fait pour que je disparaìsse. T'es tu posé la question?

Ce qui me fait chier aussi, c'est que tu liras jamais ça. Et que tu ne me parleras plus jamais. Anyway. C'est juste ça dans l'fond que je voulais dire. Que je suis désolée. De tout. Même si une fois tu m'as dit, "hey, relève la tête". J'ai jamais réussi à fermer la porte. Je sais aujourd'hui que c'est  parce que t'as toujours eu le pied dedans.

 

-----sSOSs----- 

 

Comme toujours, je me retrouve avec des hosties de restants sur la table. Des restants de ce que j'ai donné. Parce que finalement c'est ça mon problème. Je donne trop. Tellement que ça donne mal au coeur. Pis que personne fini son assiette.

C'est ben plus facile de se crisser du monde que de les aimer. Mais le problème avec ça, c'est que ça fini toujours par te retomber sur le nez. Un moment donné tu t'es crissé d'assez de monde que le monde se crisse de toi.

J'donne tout croche. J'ai peur. Y'en a qui cherchent l'amour, l'amitié, moi j'me cache. J'me terre. Mais quand je sors, j'explose. Pis tout le monde se sauve. J't'écoeurée.

 

  
  

Se faire prendre… à donner

  
  

Je suis tellement désolée. Tellement. Pour ton bonheur parti. Pour l'ironie de la situation. Après le fait. Quand tout est fini.

Désolée parce que t'as jamais su à quel point je t'ai détesté, à quel point j'me suis haĩe. Si tu l'avais su, tu comprendrais. Mais j'suis pas capable d'haĩr. J'suis pas capable de vouloir du malheur. C'est pas dans ma nature de souhaiter du mal, peu importe le bagage.

Je l'sais quand je me fais avoir. Quand on me monte un bateau. Des fois j'me laisse faire. Mais là je sais que c'est pas une game. Pis ça me peine énormément.

Quand on laisse trainer des affaires, c'est parce qu'on est paresseux. Ou parce qu'on veux que quelqu'un les trouve. J'ai laissé trainer quelque chose en décembre, parce que je voulais. Parce que fallait que ses yeux tombent là dessus, peu importe le résultat. Pourquoi t'as laissé traîner tes affaires? Pourquoi c'était encore là? Alors que tu as tout fait pour que je disparaìsse. T'es tu posé la question?

Ce qui me fait chier aussi, c'est que tu liras jamais ça. Et que tu ne me parleras plus jamais. Anyway. C'est juste ça dans l'fond que je voulais dire. Que je suis désolée. De tout. Même si une fois tu m'as dit, "hey, relève la tête". J'ai jamais réussi à fermer la porte. Je sais aujourd'hui que c'est  parce que t'as toujours eu le pied dedans.

 

-----sSOSs----- 

 

Comme toujours, je me retrouve avec des hosties de restants sur la table. Des restants de ce que j'ai donné. Parce que finalement c'est ça mon problème. Je donne trop. Tellement que ça donne mal au coeur. Pis que personne fini son assiette.

C'est ben plus facile de se crisser du monde que de les aimer. Mais le problème avec ça, c'est que ça fini toujours par te retomber sur le nez. Un moment donné tu t'es crissé d'assez de monde que le monde se crisse de toi.

J'donne tout croche. J'ai peur. Y'en a qui cherchent l'amour, l'amitié, moi j'me cache. J'me terre. Mais quand je sors, j'explose. Pis tout le monde se sauve. J't'écoeurée.

 

  
  

Sleepy

  
  

 She's not a girl who misses much

 

My tears will have dried when I wake up

Maybe that's why I'd rather sleep

 

  
  

Chasse

  
  

Le serveur verse mon deuxième Perrier et lui sert sa troisième bière. Un troupeau de coupes Longueuil en suits Moores enligne mon décolleté en échangeant leurs cartes d'affaires. Les vrais touristes sont de l'autre côté du bar à détruire le buffet cheap. Le Holliday Inn vous reçoit pour vos courts séjours, conventions et conférences. La glace fond dans mon verre, et il y a de moins en moins de bulles dans ma bouche.

-Veux tu manger quelque chose?

-Non, merci. Ça va comme ça.

-Qu'est-ce que tu veux faire?

-C'est fucking plate cette conférence. J'pense que j'vais foxer la deuxième partie.

Il est tellement beau, qu'il se dit. Et il n'a pas tort. Malheureusement, cette pensé lui habite l'attitude, et c'est un méchant turn off. Même avec ses six pieds deux, sa peau colorée d'un père Jamaicain et d'une mère Irlandaise, son crâne rasé et sa chemise bleue Oxford au col ouvert et ceintré d'une cravate lâche. Même si je devine exactement ce qui se cache sous cette chemise, et au delà. Même si depuis des années qu'on se croise, et que ses mains se sont attardées plus d'une fois au creux de mes reins, et que son souffle m'a fait prendre feu. C'est de ce moment là dont j'avais le plus envie.

-Ouais, c'est vraiment pas intéressant. C'est ta première fois?

-Oui. La dernière aussi. Alors, ton nouveau boulot, nouvelle compagnie, t'aime ça?

-C'est un beau défi. Depuis le temps qu'on se connait, tu sais que je n'aime pas rester en place trop longtemps.

-On se connait pas tant que ça quand tu y penses. Ça fait quoi, six, sept ans qu'on se croise deux trois fois par année? Combien de mots échangés? On a jamais dealé ensemble directement.

-T'as raison, mais t'es d'accord qu'il y a un lien, quelque chose?

-Surement une attraction, oui.

-Bon alors, qu'est-ce qu'on fait? Je suis ici seulement pour toi. Quand tu m'as dit que tu venais, je me suis inscrit. J'ai aucun autre intérêt ici.

-Je sais. But nothing's gonna happen here tonight.

... Silence. Étonnement? Stunned. L'égo touché pour un instant. J'ai su dès le moment où on s'était assis un en face de l'autre qu'il n'y aurait rien. Pour son sourire entendu. Ses gestes calculés. Ses éclats de rire et son regard. Son aura avait disparue. Son souffle avait mauvaise haleine. Ses mains étaient sales. Il entamait sa cinquième bière.

-Je vois. Ok, je respecte ça. Mais man, je dois dire, tu as des seins fantastiques!

-Oui, c'est vrai hein? Merci beaucoup. 

On s'est croisés six mois plus tard. Il avait sa main au creux des reins d'une jolie fille, penché dans ses cheveux, les yeux cherchant tout de même la faune. Il m'a vu, a souri. Moi aussi.

  
  

Baggage claim

  
  

-You're doing it again?

-Yes, but on my own terms this time.

 

What does "on my own terms" mean when I don't have a fucking clue what it is I'm looking for? How to get it? How to use it?

I go for the dark, the complicated and of course the unattainable. Because there is comfort in the security of assured failure. Uncertain succes does not apply to 'my own terms'.

I go for the dark, the complicated and of course the unattainable. Because isn't this what I know best? Doesn't it leave me without obligations, consequences, responsability?

Will I ever believe it? If I tell myself often enough, will I ever accept this as truth?

That everything that I am right now I want to embrace. That my arms aren't wide enough to take me all in. I do not want to reject anything that I am anymore. But I can't handle it yet.

Some things about ourselves we will always loath, always despise. And no matter how hard we work on them, they just won't go away.

These things I want to learn to accept. I want to love.

On my own terms.