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Visite

Côté sud... À l'est de St-Denis... Je fais le tour du bloc lentement une fois, deux fois, trois fois. Le soleil se couche et à chaque passage je vois la lumière entre les rideaux. La fenêtre est entrouverte et le vent les déplace un peu. Pas assez. Pas assez pour voir la couleur des murs. Pas assez pour me convaincre qu'il n'y a personne et que je perd mon temps.

Je cherche un stationnement anonyme, comme si ça existait. Debout à côté de l'auto je replace mes jeans, mon soutien-gorge, mon chandail. Ébouriffe mes cheveux, pince mes joues, barre la porte. Personne sur le trottoir. Personne aux fenêtre. Personne sur les balcons. Je flotte vers. Vers.

Traverse, tourne le coin, traverse. Pas de voitures qui circulent. Tout s'est arrêté. N'existe que le fil entre moi et la porte. Entre mon doigt et la sonnette. Entre mes yeux et les siens. Je sonne, en espérant qu'il n'y ait pas de réponse. En tentant d'entendre l'absence de pas. Silence. Le corridor reste vide. Je vois des marches qui montent par la petite fenêtre, qui disparaîssent dans le noir, vers une porte qui s'ouvrira sûrement maintenant que j'ai sonné une deuxième fois. 

Lumière, jambes, mains. Je ne vois plus rien. Jusqu'à temps que son visage joue comme une réflexion du mien à travers la vitre. Suspendus dans la seconde de la découverte. Tout changera. Tout et rien ne sera pareil. Et la chaleur s'échappe à mesure que la porte s'ouvre. Je me glisse à l'intérieur sans mesurer si je passe dans l'espace entre la chambranle et son corps. Contact.

L'écho des sons de la vie en haut est vrai. L'odeur des soupers d'hier. Nos souffles courts. Le clic de la porte qui se referme. Mon sac à main qui tombe par terre. Je touche son visage, comme s'il m'avait toujours appartenu. Comme si je l'avais toujours fait. Mes mains sous son chandail et les siennes sous le mien. C'est tout, tout ce qui existe.

Il faudrait monter, faudrait aller en haut. Faudrait se dire bonjour à la rigueur. D'autres plans se sont imposés, et nos bouches n'ont vraiment rien à se dire, trop occupées à se toucher, caresser, goûter. Trois pieds par trois pieds, c'est tout l'espace dont on a besoin. La lueur des lampadaires, la lueur de la vie en haut. J'avance, le pousse contre le mur, étend mon corps contre le sien, sens ses doigts descendre mon dos et prendre mes fesses. Je recule, m'arrache de quelques centimètres pour détacher sa ceinture. Je veux voir.

Je remonte son t-shirt un peu. À genoux, mes lèvres sur son ventre je ferme les yeux un instant et laisse ma langue voir. Voir que son désir est le même que le mien. Et dans ma bouche j'ai maintenant tout ce dont j'ai envie. Je caresse ses fesses, le tirant vers moi, toujours plus près. Ma tête entre ses mains. Et je donne, je donne, je prend. Ses jambes fléchissent un peu, s'ouvrent, et je passe mes bras autour de ses cuisses. Je suis perdu entre ses jambes. 

Il me remonte, me met debout, me retourne face au mur. Il tire mes cheveux pour prendre mon cou. Son autre main est déjà sous mon jean, sous ma culotte, sous. En. Et je me balance contre elle. Le mur. Le mur et ma joue. Mes fesses offertes. Et je lui appartiens, le moment où il me pénètre, entre, me possède entière parce que c'est son droit d'entrée. Tout en échos dans les escaliers.

J'aurais pu visiter, mais il se faisait tard. Ce sera pour une prochaine fois. 

Comments

frenz said…
J,ai lue. Vue. Sentie ces frissons durant les vies qui s'entremèlaient. Je touchée coulée. En tes yeux d'entre-lignes.

C'est beau.
Onassis said…
Tu écris bien...
swan_pr said…
frenz: "en tes yeux d'entre-lignes", ça, c'est magnifique. merci xxx

onassis: merci beaucoup :)
Perrasite said…
The maintenance is now accomplished. Please reboot your system now and enjoy your new version of FireFucks.

(voire billet précédent)
Coyote inquiet said…
Wow Swan !