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Showing posts from 2008

Mise à jour WP

  
  
Je suis passée de WP 2.6qq chose à 2.7. J'espère que tout est fonctionel. Si ce n'est pas le cas, laissez-moi savoir. J'en ai profité pour activer la page d'archives et corriger la page "about", qui pointait curieusement sur un vieux billet de 2006.

J'en profite pendant que je suis encore capable de bouger. Après deux jours de Rockband, j'ai l'impression que je vais payer pour demain!
  
  

Avant le gros pssshhhhtt.

  
  
Ça pourrait être le 2 juin, ou le 14 mars aujourd'hui. Mais j'ai eu droit à quelques regards empreints de pitié quand j'ai dit que je serais seule à la maison ce soir. Juste parce que c'est le 24 décembre. Ce n'est pas vrai que je m'en fout complètement. Mais ce qui me manque, c'est ma famille. Mes tantes, avant qu'elles ne virent toutes folles cokées, étaient vraiment super trippantes. Je n'en vois qu'une seule sur les quatres maintenant. Mon cousin et mes cousines, sérieusement endommagés par les mauvais choix de leurs parents. Ma mémé d'amour. Ma maman. Ce qui me manque, c'est le sentiment d'appartenir à un clan, une gang qui se tient, qui s'aime. Ce qu'on était avant. Avant la marde.

Je ne suis pas nécessairement nostalgique. Aujourd'hui il m'a été possible de constater à quel point je déteste les humains en général. J'en avais des palpitations en sortant de la pharmacie. Et puis là, un gentil monsieur qui me fait signe, allez demoiselle, traverse, vas-y, j'pas pressé. Avec un sourire en plus! WTF, bonhomme, tu fuck toute mon affaire. J'en étais à vouloir aller mettre des bombes au mail l'autre bord de la 10. Et puis pouf, le début de migraine s'est estompé. Et je suis rentrée finir d'emballer mes offrandes aux dieux de la galette.
  
  

Elle ne m'aura pas

  
  
Il y a toujours à faire. À FAIRE. Et je fais, sans relâche, je fais. Le gaz est cheap, j'en fais encore plus au mile. Ce qui doit est fait, c'est ce qui devrait va l'être. La conjugaison est assez simple.

J'ai une petite fenêtre d'opportunité à chaque soir, que je m'applique à scrapper en faisant ce qui n'a pas lieu d'être fait.

... Faire comme si, parce que là, vraiment, c'est être tête de cochon que d'insister à ignorer les fêtes. J'y réussi à moitié. L'horaire est agréablement vide. Évidemment que ça aide que de n'avoir qu'un papa comme famille. J'aime à penser que le 25 ne sera qu'une autre occasion de se faire des câlins et de s'embrasser et de se dire qu'on s'aime.

Et des fois, je fais avec le plus grand des plaisirs, je fais parce que j'aime. Et je ferai encore, encore pendant un petit bout, tant qu'on me laissera faire.

Parfois en écoutant cette pièce je m'imagine courant de toutes mes forces, tentant de fuir l'ennemi. Ces jours-çi c'est le temps.

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=5hycEG1PkjA&hl=en&fs=1]
  
  

Elle ne m'aura pas

  
  
Il y a toujours à faire. À FAIRE. Et je fais, sans relâche, je fais. Le gaz est cheap, j'en fais encore plus au mile. Ce qui doit est fait, c'est ce qui devrait va l'être. La conjugaison est assez simple.

J'ai une petite fenêtre d'opportunité à chaque soir, que je m'applique à scrapper en faisant ce qui n'a pas lieu d'être fait.

... Faire comme si, parce que là, vraiment, c'est être tête de cochon que d'insister à ignorer les fêtes. J'y réussi à moitié. L'horaire est agréablement vide. Évidemment que ça aide que de n'avoir qu'un papa comme famille. J'aime à penser que le 25 ne sera qu'une autre occasion de se faire des câlins et de s'embrasser et de se dire qu'on s'aime.

Et des fois, je fais avec le plus grand des plaisirs, je fais parce que j'aime. Et je ferai encore, encore pendant un petit bout, tant qu'on me laissera faire.

Parfois en écoutant cette pièce je m'imagine courant de toutes mes forces, tentant de fuir l'ennemi. Ces jours-çi c'est le temps.





  
  

See the cat? See the cradle?

  
  
J'achève Cat's Cradle. J'peux pas croire que j'ai passé tout ce temps à ne pas connaître Kurt Vonnegut.
  
  

À l'abri du froid

  
  
I miss New York.

Je veux un p'tit studio au troisième. Un deli au coin. Un café, une boutique de livres usagés, un vélo avec un panier en avant, un parc, un lavoir.

Les voisins nous souriaient à tous les matins. Le monsieur du deli nous envoyait la main par la vitrine.

Je veux un Times qui pèse 5 livres le dimanche, un puits de lumière, une vieille voisine perchée à sa fenêtre.

On avait soupé au viet pour 20 piasses, pris un dessert italien pour 30. Ça sentait le container et l'Armani.

Je veux y retourner. Et y rester.

[caption id="attachment_859" align="aligncenter" width="300" caption="Physical Graffiti on St-Mark's Place"][/caption]
  
  

À l'abri du froid

  
  
I miss New York.

Je veux un p'tit studio au troisième. Un deli au coin. Un café, une boutique de livres usagés, un vélo avec un panier en avant, un parc, un lavoir.

Les voisins nous souriaient à tous les matins. Le monsieur du deli nous envoyait la main par la vitrine.

Je veux un Times qui pèse 5 livres le dimanche, un puits de lumière, une vieille voisine perchée à sa fenêtre.

On avait soupé au viet pour 20 piasses, pris un dessert italien pour 30. Ça sentait le container et l'Armani.

Je veux y retourner. Et y rester.

[caption id="attachment_859" align="aligncenter" width="300" caption="Physical Graffiti on St-Mark's Place"][/caption]
  
  
  
  
  
  

L'iceberg chez L'Ours

  
  
Au fil du temps, au fil des ans, les liens vont et viennent, parfois par la force des choses, parfois parce que le contenu ne me rejoint plus, ou encore parce que le blog meurt. Parmi ceux qui sont ici depuis le début il y en a un qui me fascine, qui me fait toujours sourire, qui m'épate par sa simplicité touchante et sa sincérité. Mais ce qui me fait tripper par dessus tout c'est le talent de l'auteur.

Allez voir sa dernière création.

Surprenant, touchant, tout plein de poésie.
  
  

Se souvenir

  
  
"La fiction doit adhérer aux faits, et plus vrais sont les faits, meilleure est la fiction - c'est ce que l'on nous dit."
"C'était l'instant entre chien et loup où les couleurs s'exaspèrent, où les violets et les ors enflamment, comme les battement d'un coeur impresionnable, les carreaux des fenêtres."
-Une chambre à soi, Virginia Woolf

"We want to speculate upon its meaning based on something more concrete. And so we decide to transport ourselves to the other side of the screen. It's not that difficult once we make up our mind. All we have to do is separate from the flesh, leave all substance behind, and allow ourselves to become a conceptual point of view of mass."
-After Dark, Haruki Murakami

Ou la fois qu'on était vingt cinq à dévaler la côte Melançon, en criant, en courant après vingt cinq autres morveux à qui on voulait casser la gueule. Ou la fois où je lui ait dit "écoute, j'ai jamais fait ça, mais j'aimerais bien que tu me montres". Ou encore quand j'ai retenu mes larmes en ouvrant le seul et unique cadeau que j'ai reçu ce Noël là, ou celui où mes larmes ont fusées parce que je savais que c'était le dernier cadeau qu'elle me faisait, que c'était son héritage dans une petite boîte en vitrail qu'elle me tendait.

À chaque souvenir je dois me demander, quelle est la proportion du rêve, de l'anectode, quelle place la vérité s'est-elle taillée dans ma mémoire. Quelles images ai-je remplacées, effacées, inventées, photoshoppées. Et ces phrases cent fois répétées, empreintes de détails trop vrais pour faire faux, trop durs, mais toujours crédibles. Je me dis parfois que ceux au ciel sont là pour moi, sont là pour veiller à ce que je n'invente plus pour mieux dormir.

De tous ces extraits, ceux qui marquent encore mon corps sont nés de la vérité. Obligatoirement vrais, à un moment ou l'autre, peut importe le chemin emprunté pour se rendre à leur destinataire, ma mémoire. Des évidences vous dites. Mais la main sur ma gorge, les cris dans mes oreilles, le coeur qui bat. Mais le frisson entre mes cuisses, le souffle court, des assauts à mon âme. J'ai aurai vécu assez pour cent ans, j'en vivrai pour cent autres.
  
  

Dagger

  
  



...And so I hear I have to write, so I'm told I have to write, so I tell myself I have to write.

...I think some things are best written. Some things should not be lived or said.

...But layed somewhere they can make sense and translate into a reality that one can handle.

...I've lived without Words for too long.

...I've lived things that should've been written.

...I've said too much.

...I've forgotten how deep my waters run.

...Having to breath was a good reminder.
The world is full of noise yeah
I hear it all the time
You know I am your dagger
You know I am your wound
I thought I heard you whisper
It happens all the time
I thought I heard you whisper
It happens all the time
-Dagger by Slowdive





  
  

haallloooo???

  
  
Still here? Hihi, moi non plus!

Mais je m'en reviens, check it out, très bientôt.

xx
  
  

24, 26, 26-B et des fois 31

  
  
J'adore marcher sur la rue Queen en fin de journée, vers le 1000. Le matin, le bus me prend juste en bas de chez moi et me dépose à trois coins de rues du boulot. Je rush en masse, la routine est morte, vive la routine. J'ai changé de job juste à temps, juste avant de tomber bien comme il faut. Depuis des mois que je sombrais. Je prend des forces, reprend mon souffle, je m'étonne moi-même de ce silence, malgré tout. Je pense à vous. Et je vous revient bientôt.
  
  

Problème technique

  
  
Je sais pas trop c'est dû à quoi, mais mon feed semble faire des siennes... Je sais que c'est relativement mort c'est temps-çi, mais juste au cas, je vous donne le lien direct. Réabonnez-vous si nécessaire. Merci!

Subscribe in a reader
  
  

Fall dance

  
  
Will the leaves be ruffled, will they move, shuffle, be ruffled, really? Will I lay my eyes on the faint traces of their dance, or find the same old pile of shit, not dispersed, not shuffled, but solidly piled and waiting for a stray step? I, of all the unlikely awake, should no longer stray. Should, but under derision and disapproval, will.
  
  

Job de rêve, job d'espoir heureux

  
  
C'est qui qui a reçu l'appel tant attendu aujourd'hui?? Oh hell ya. Fuckin A. Jesus fucking Christ. MY GOD!

Je vis un crash d'adrénaline monumental. Des semaines de stress qui soudainement s'évaporent. J'ai du vivre avec toute cette joie contenue au bureau cet après-midi. En shootant des msn à droite à gauche, des emails. Et une tonne d'ouvrage qui pouvait pas attendre.

Merci pour votre support et vos bons mots.

Ouf. Câlisse.

C'est tout ce que je suis encore capable de dire ce soir.
  
  

Same shit

  
  
Désolée du silence. Je suis toujours en pleine recherche, entrevues, envois, appels. C'est pas mal tout ce qui se passe. Des petits bouts de çi et ça qui aboutiront ici éventuellement se baignent en haut, font des pirouettes et me donnent même des coups de pied des fois. On verra bien qui va gagner.
  
  

Tout en différé

  
  
Ce que je fais? Ce que je deviens? Certains soirs j'écume le web corporatif et j'envoie des cv. D'autres, quand c'est possible, je me laisse gâter par la vie, par l'amour. C'est tout, pas plus que ça. Hier soir en revenant de loin et très creux j'ai vu plus de chevreuils que j'en avais vu de toute ma vie, tous réunis. J'ai aussi vu Vénus. Pendant la journée je me suis endormie entre deux trois cèdres, au bord de l'eau, au gros soleil. La veille on s'est bourré la panse de rôti de porc, de patates brunes et de pets de sœur. J'ai vraiment pas besoin de plus.

Sauf une job qui ne me donne pas le goût de tout crisser là. Juste une job qui me permet de nourrir mes enfants et de payer le loyer. Où personne ne me harcèle, ne me crie après, ne me menace. Une job où le cœur ne me lèvera pas à chaque fois qu'un des dirigeants m'appelle. Une job où je ne passerai pas mes journées frustrée à cause de l'incompétence, l'indifférence et la méchanceté de certains collègues. Ou de la direction. Une job où mes douze années d'expérience ne seront pas utilisées à faire semblant d'être en charge pour absorber l'inefficacité d'un supérieur immédiat. Me semble que c'est pas trop demander ça.
  
  

Avec un peu de retard, l'arrivée

  
  
23H22. On s’apprête à se coucher. Je suis heureuse de t’avoir parlé au téléphone ce soir, tu m’as manqué aujourd’hui. Je t’imaginais des fois à côté de moi, regardant les mêmes paysages.

J’écris pour pas oublier.

Arrivés à Penn Station (quelle laideur) on débarque du train et on suit les gens, les pancartes et on se retrouve sur le trottoir sous le marquis du Madison Square Garden, sur la 32ième. C'est le choc pour eux, l'émerveillement. Je regarde leur visage et je sais qu’on est au bon endroit. C’est presqu’un retour à la maison pour moi. Il fait chaud, les femmes ont d’énormes seins en plastique dans des camisoles minuscules et les mecs des pantalons trop grands. On relaxe pendant que j’en fume une dans les marches du MSG.

On prend un cab et oh merveille, il vient équipé d’un touch screen avec des nouvelles, un GPS et des jeux. J’ai mon voyage! Et ça me fait chier, parce que les enfants sont comme hypnotisés par l’écran, tout conditionnés qu’ils sont malgré mes efforts à contrer… Contrer tsé, contrer tout ça justement.

On arrive à la maison. Ouf. Sur le coup je rush. Y a personne et des graffitis sur la porte. Un noir sort de la chevy van parkée devant. « Hey, howyoodooin? »… Il se colle sur la porte en fer forgé et crie « John, Yo, John, they here nah ». John c’est le chum de la fille à qui je loue la maison. Entendre son nom me rassure et je réussi à lâcher un sourire encourageant aux enfants. John arrive et ouvre la porte. Le gars est gelé raide et sent le pot à plein nez. On se présente, il débarre la maison et on entre. Il ne quitte pas ma craque du regard. Je trouve ça drôle, lui qui sort avec une ancienne mannequin, italienne, new yorkaise, avec des cheveux lisses lisses comme dans les annonces de Pantene. On dirait qu'il vit ici quand elle est pas là. Il y a des miettes de toasts sur le divan et le lit est un peu défait. Anyway. C'est sale. Mais c'est chez nous pour une semaine et je trippe.

John nous fait le tour du propriétaire. Ce qui prend environ 20 secondes puisque la pièce fait à peine cent pieds carrés. Il me laisse les clés, jette un dernier regard un peu triste vers mon décolleté et nous souhaite bonne nuit. On s’est installés et on est allé se promener quelques minutes explorer le quartier et trouver à manger. Au coin d’Avenue B et la 6ième on est entré dans un déli et on s’est retrouvés au nirvana des wraps et des sandwichs de fou à 6$.

Il est presque minuit. On est brûlés, mais heureux, fébriles. Demain on part à l’assaut de la ville. Je te souhaite bonne nuit, t’embrasse.
  
  

Ousque j'travaille pour le plaisir

  
  
McDoodle. Inspirante, généreuse et inattendue m'invite à vous montrer ça... J'ai pas de photos de celui au boulot. En tout cas pas maintenant. Avant de partir tantôt j'ai trouvé un kid de 16 ans qui fait du filing à temps partiel, je lui dit "ton cell prend des pics right?". Tout content, il dit "bin kin". Ouin, c'est pas à point la technologie, parce que oui ça prend des photos, mais pour les envoyer c'est une autre affaire. Je lui ai laissé mon adresse email, lui remontant l'estime un peu  "Ça marche pas à tout coup ces gogosses. Tu me les envoies quand ça fonctionne ok? Merci, t'es sweet" (sourire de milf ).

Donc c'est celui de la maison. Pas fait de ménage, pas arrangé la bibliothèque, alors la vue donne sur le bord des paperbacks, ça fait pas très érudit, mais j'ai jamais prétendu l'être. C'est pas le bureau avec lequel je gagne ma vie, mais c'est celui qui me rapporte le plus.

Image Hosted by ImageShack.us

Poursuivons

Dave (the back of a van? let's see it!)
Manon (où elle sauve les âmes)
Quartz (is it even allowed?)
Dany Kafkadan (un prof inspiré)
Le Rat de Bibliothèque (contre les blues du lundi)
  
  

Ousque j'travaille pour le plaisir

  
  
McDoodle. Inspirante, généreuse et inattendue m'invite à vous montrer ça... J'ai pas de photos de celui au boulot. En tout cas pas maintenant. Avant de partir tantôt j'ai trouvé un kid de 16 ans qui fait du filing à temps partiel, je lui dit "ton cell prend des pics right?". Tout content, il dit "bin kin". Ouin, c'est pas à point la technologie, parce que oui ça prend des photos, mais pour les envoyer c'est une autre affaire. Je lui ai laissé mon adresse email, lui remontant l'estime un peu  "Ça marche pas à tout coup ces gogosses. Tu me les envoies quand ça fonctionne ok? Merci, t'es sweet" (sourire de milf ).

Donc c'est celui de la maison. Pas fait de ménage, pas arrangé la bibliothèque, alors la vue donne sur le bord des paperbacks, ça fait pas très érudit, mais j'ai jamais prétendu l'être. C'est pas le bureau avec lequel je gagne ma vie, mais c'est celui qui me rapporte le plus.

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Poursuivons

Dave (the back of a van? let's see it!)
Manon (où elle sauve les âmes)
Quartz (is it even allowed?)
Dany Kafkadan (un prof inspiré)
Le Rat de Bibliothèque (contre les blues du lundi)
  
  

Nouvelle ignorée, éditée, acceptée, refusée

  
  
Ignorée par la personne qui l'avait commandée, éditée avec une âme généreuse, acceptée par Mr B pour le Moebius et refusée par l'éditeur. I now lay it down to rest.


“Break me” she said. “Break me, break me. And when it’s done, when it’s all over, you can put the pieces back together however you want to.”


But like a jigsaw puzzle, her pieces were meant to only fit one way.


“You can make me, invent me, create me. I’ll belong to you and only you. You’ll hold the secret. My cracks, my flaws only reminders that I was born from your hands.”


Damaged goods, that’s how I saw it. Unfortunately, I had already broken her. Her cracks and flaws only reminders of what she was made of.


Worth breaking.



« Brise-moi » qu’elle me demandait, sans cesse. « Brise-moi, brise-moi. Et quand tu en auras fini, prends les pièces et recolle-les comme bon te semble, comme il te plaira ».


Elle était comme un casse-tête. Il n’y eut qu’une seule façon de remettre ses pièces ensemble.


« Tu peux me créer, m’inventer, me mettre au monde. Je t’appartiendrai, à toi seul. Tu seras le gardien de mon secret et mes failles et mes faiblesses ne seront que le témoignage de ma naissance entre tes mains. »


En la regardant, je ne voyais rien d'autre : une marchandise endommagée. Malheureusement, je l’avais déjà brisée. Ses failles, ses faiblesses, n’étaient en fait que le témoignage de ce qu’elle était.


Bonne à briser.





Il était encore tôt. L’absence de voitures m’évoqua brièvement Pyongyang. Dans quelques heures, les hatchbacks et les mini fourgonnettes allaient reprendre d’assaut les huit voies de cette autoroute. Un vide lourd, sans issue, sans espoir de changement. Nous roulions vers cet endroit qu’elle avait choisi, pas du tout au hasard. Un creux, un fossé entre les rubans d’asphalte, qui lui redonnerait la vie.


Il était encore tôt. Et tout était rose, comme si le soleil avait mis des lunettes. J’eu l’envie de lui demander… De lui demander si le rose ne lui donnait pas envie de changer d’idée. Si le rose ne la réconfortait pas un peu, comme il le ferait pour une petite fille. Mais le rose ne toucha jamais ses yeux.


Il était encore tôt. Elle fixait tout droit devant, le souffle court, des perles de transpiration se formant sur sa lèvre supérieure, le bout de sa langue accrochant au passage les plus aventureuses. Le rose m’avait déjà envahi et les kilomètres fuyants me rapprochaient de plus en plus de la réalité.



Qu’elle ait vu en moi l’outil qui allait finalement, croyait-elle, la réparer, ne me sembla même pas étrange. Ce midi-là, assis tous les deux sur le lit des parents, elle me confia ma tâche. Après tout, c’était le même sang qui l’avait rendue défectueuse. Maintenant qu’il ne restait que nous deux, il était temps de rétablir l’équilibre.



Je pris la chose avec désinvolture. Chaque jour, je la rassurais de mes bonnes intentions. De ma détermination à accomplir sa volonté. Et sans relâche elle me talonnait. « Brise-moi ». Un jour elle arriva munie d’une carte routière, déjà habillée pour partir, son sac balançant à l’épaule, son visage rouge d’anticipation et de détermination. Elle me tendit les clés de la voiture.



« C’est là, c’est là, c’est LÀ! »


Je ne veux pas que ce soit là, je veux continuer à rouler, continuer à avancer la tête baissée, les yeux fermés, le cœur paralysé. C’est pas lui qui est ici dans l’auto avec toi, c’est moi, c’est moi qui t’aime, qui… t’a jamais protégée, jamais consolée, jamais défendue… c’est moi qui dans le noir écoutais en faisant semblant de rien entendre, sentant votre odeur monter et envahir l’air et se rendre directement entre mes jambes, moi qui parfois se voyait à sa place, regardant ton visage et capturant ton âme et déversant mon amour.


Notre vieux Buick familial à peine immobilisé, je l'ai regardé descendre, ma petite sœur, mon amour. Elle courait vers le trou qui nous briserait tout les deux.

  
  

Je veux ravoir mon jardin

  
  
Alors c'est ça? C'est comme ça? Toujours et encore, ok, go, c'est beau, non, ça fait trop mal, ça doit finir et puis on rembarque et c'est si bon et le soleil brille bordel, comment ça pourrait aller mal quand je plisse des yeux en plein jour? C'est pas que des reflets, mes doigts passent au travers mais je les sens, c'est plus, mon spleen, mon sixième sens, ma baise d'enfer, mes larmes, mes larmes, mes larmes. Un jardin secret plus qu'abandonné, vague et vierge à nouveau sous les cadavres des liens, des lianes, des tiges, des branches et j'ai tout laissé mourir avec à peine un regard. On arrive toujours au même choix qu'il soit mort ou moribond ou whatever. On dit, alors c'est ça? C'est comme ça? Toujours et encore, des graines à planter, des pousses à arroser, mais malgré tout le soleil qui s'évertue à faire sortir le meilleur de nous, une plante vénéneuse, mangeuse de chair morte pousse, pousse, pousse et quand mon doigt touchera son coeur pour voir comment il est mou mon sang ira rejoindre celui des autres et la coulée suivra le chemin creusé par ses flots.
  
  

Mixtapes

  
  
Vous vous rappellez des tapes qu'on se faisait? Un mix tape pour toute occasion! On était en amour, hop, une cassette, en peine d'amour, hop, une cassette. On en faisait pour nos amis, nos amis nous en faisait... Le dernier tape que j'ai fait c'était pour les funérailles de ma mère, en 2000. J'avais réservé au salon une belle salle avec le ciel peint au plafond, retenu les services d'un aumonier pour s'éviter le service à l'église tout en respectant les gens un peu plus straights. Au fond de la salle, un vinier. Un vieil album à pages noires, où j'avais placé avec des coins à coller ses plus belles photos, souriante, vivante, heureuse. Et puis, pendant la journée, la cassette qui jouait en sourdine, en boucle. Au crayon argent, sur la dernière page de l'album, ceci:

Sa musique, pour moi
Suzanne, Leonard Cohen
Wonderful Tonight, Eric Clapton
I grieve, Peter Gabriel
En pleine Face, Harmonium
Who wants to Live Forever, Queen
Angel, Sarah Mclachlan
The long and winding road, The Beatles
Helpless, Neil Young
God Bless the Child, Billie Holiday

Ma musique, pour elle
Where is my mind, The Pixies
Bad luck Blue eyes, The Black Crowes
Standing around crying, Muddy Waters
Summertime, Janice Joplin
Crazy, Patsy Cline
My Love, Paul Mc Cartney
That's the way, Led Zeppelin
Wish you were here, Pink Floyd
Hallelujah, Leonard Cohen

En boucle, en boucle, en boucle. Et tout le monde remarquait la musique, tout le monde avait un petit moment, les yeux fermés. Évidemment, chaque toune avait, pour elle ou pour moi, une signification particulière. Mais ça semblait aller les rejoindre, chacun sur une toune différente.

Et c'est la beauté des tapes... Tu peux graver autant de cd que tu veux, ce ne sera jamais vraiment pareil... Sauf que dernièrement je me suis mise à écouter les mix tapes offerts par Kitsune Noir. Un titre pour le mix, une mise en situation, pourquoi, comment, ce que ça signifie pour lui, etc. Un pur plaisir de découvertes, une générosité qu'on retrouve plus vraiment nulle part. Allez faire un tour...

EDIT: bon ça fait exprès, le site est down... donnez-lui un peu de temps, ça devrait se rétablir.
EDIT2: yay! back online!
  
  

Encore un peu partie

  
  
Ok... Le retour aura été un peu plus dur que prévu. Mais voilà, les valises sont défaites, les enfants partis, les minous revenus.

Je devrais, je sais, je devrais faire un beau compte rendu de ce voyage dont je rêvais, dont je parlais sans cesse. Ça va venir. J'arrive à peine à réaliser que c'est terminé. Que ce moment est déjà passé. Depuis samedi soir je regarde les photos. Je suis tout de même heureuse d'être chez moi. Si ce n'est que pour enfin voir mon chum dans quelques jours.

Pendant le trajet en train j'ai beaucoup réfléchi, et beaucoup écrit (mettons que j'ai eu le temps... 11 heures aller et 11 heures revenir). Je suis fière de moi, fière du chemin que j'ai parcouru depuis ma séparation, fière de la façon dont j'élève mes enfants. Aussi je suis maintenant convaincue que la nouvelle route sur laquelle je m'aventure en ce moment est la bonne. Je n'ai aucune raison d'être malheureuse, j'ai tout en main pour changer les choses qui m'écoeurent présentement et la seule façon de m'en sortir, c'est de faire des efforts.

Je me suis laissé aller autant physiquement que psychologiquement, me suis laissé glisser sur la pente des peurs, des épreuves, des peines. Me suis engouffrée dans une dépendance affective malsaine, me permettant ainsi de fuir mes vraies émotions. Mais j'ai aussi progressé, j'ai lâché prise sur mon passé, ouvert mon coeur à l'amour et l'amitié, relâché mes défenses futiles.

Et d'écrire comme ça, en toute liberté, dans word et sur papier, m'a aussi un peu réconcillée avec les mots qui sont en moi. Je peux écrire, je sais écrire. Mais pardessus tout, j'aime écrire. Et je n'ai pas à tout publier, tout montrer, pour m'en convaincre. Je n'ai pas de manuscrit, pas d'ambition littéraire, pas de plan ni de rêve d'être publiée. Tout ce que j'avais besoin de savoir, c'est si j'étais capable encore d'aimer ça. Et c'est le cas.

Sur le chemin du retour j'écoutais Man of constant sorrow en regardant le paysage défiler. C'est un cliché énorme, mais un que je n'avais jamais vécu et qui m'a pris au trippes. Les vieux shacks, les pick ups tout rouillés, les lacs et les montagnes. Et les pêcheurs ont peut-être vu mon sourire par la fenêtre. Je me rappelle encore mon reflet, comment il a vraiment touché mes yeux. Et c'est mon plus beau souvenir de voyage.
  
  

De retour

  
  
  
  

Tin Pan

  
  
Bon, j'pas capable de mettre le vidéo... J'ai pas le temps de gosser, puisque mon internet est très shaky... Mais je vous met le lien... On a acheté le CD, sont vraiment très, très bons :)

Tin Pan in Central Park
  
  

En route...

  
  
Ok, on part dans quelques heures. Le sommeil se pousse de moi. Après une semaine des plus... intenses, je sens enfin l'anticipation se pointer le nez. À nouveau. Parce qu'elle avait foutu le camp assez violemment, d'autres copains d'insomnie jouant du coude. Elle a pas pu prendre la pression.

Tout est prêt, reste plus qu'à se laver et manger et appeller le taxi, direction gare centrale.

On repart le vendredi matin, donc un beau gros cinq jours à savourer la pomme. Si vous avez des demandes spéciales, photos, visites, vous savez où me joindre :) J'ai mon beau laptop qui m'accompagne, je ne serai jamais très loin.
  
  

We'll come and hit the streets, lookin for soul food and a place to eat

  
  
Dans quelques jours on embarque sur le train pour New York. Cinq jours complets dans la ville que j'aime. Cinq jours de découvertes, de rires, d'épuisements, d'émerveillements, d'aventures. Pas trops de tourist traps, sauf l'observatoir de l'empire. Pas le choix. Y a un petit resto Éthiopien à côté de notre maison. Little Italy et Chinatown à nos pieds. Bleecker & Bowery à deux minutes de marche, juste pour le fun, juste pour marcher sur le même trotoir que les fantômes de l'underground. St-Marks Place pour les ados, bien sûr. On prendra une journée complète s'il le faut pour Central Park, pour les shows non stop de la foule, le picnic on the Meadow et la promenade dans Strawberry Fields. Je veux aussi toucher Alice. Qui m'a toujours fait peur. Visiter Juilliard et la biblitohèque de la 42ième et enfin passer les lions! Les diriger doucement vers Times Square la nuit tombée et voir leur visage dans la lumière de la ville, et les prendre en photo juste là où tout le monde prend sa photo. Il y aura aussi Coney Island, le pont de Brooklyn, les cloitres. Et tellement d'autres choses, tellement d'autres possiblités. Y la bouffe! Les livres! La musique! Les films!

Quelques jours. Mon niveau de stress commence à toucher la petite ligne rouge. Quelques jours de plus sans toi, ce qui m'attriste tant. Je ferai comme si. Mais ce ne sera rien de comparable à comme ça.

Alors ce sera ici que nous poserons nos bagages et nos têtes engourdies et nos pieds morts. Il y aura l'internet et la télé pour les soirées (on ne pourra pas passer nos soirées au bar... ils sont mineurs après tout!). Un frigo pour le jus et un four grille-pain pour les croissants. Dans notre petite maison à New York.

  
  

Éclipse au large

  
  
Le dernier devra durer et durer. J'ai tenté d'en garder l'odeur, mais ma nuit blanche aura tout effacé.

Jusqu'au matin, jusqu'au bruit du vent que j'ai voulu entendre au bout du fil. Le vent du sud, celui qui devait emporter les épines tombées des rêves, les parfums marins maudits, les chuchotements d'ailleurs.

Une nuit raz-de-marée, une nuit tsunami, l'île m'hébergeant ne m'ayant fait aucune promesse. Des chaleurs de la honte aux froids de la peur sur mon île, sur mon île j'y suis passée.

Et l'accalmie ne viendra que du vent qu j'ai voulu entendre. Je veux du vent sur ma peau, du vent dans mes cheveux, du vent dans mes cauchemards.

Le dernier, des braises que je croyais éteintes, est né à nouveau au bout du fil. Le dernier durera.

Mais il me manque déjà.
  
  

24 heures pour...

  
  
Voir Baie St-Paul, le Balcon Vert, le traffic et la foule étrangement montréalaise peupler les terrasses.

Voir La Malbaie, Cap à l'aigle, baie Ste-Catherine.

Prendre le traversier et tomber en amour avec Tadoussac.

Marcher sur la plage, grimper une pointe de grès rose et observer les cormorans.

Boire beaucoup de bière, chanter du Plume avec de jeunes inconnus à dreads, parler voile avec un couple de Port-au-Persil et notariat avec une étudiante.

Boire de la vodka, danser sur du Johnny Cash, embrasser beaucoup beaucoup et jaser avec un québécois et découvrir avec stupéfaction qu'il est allemand, installé ici depuis onze ans.

Rouler dans le bois, rouler sur la dune, pour trouver le spot parfait pour tenter, à trois heures du matin.

S'assoir en indien dans la dite tente et dévorer des sandwichs de dépanneurs avant de tomber dans le coma jusqu'à dix heures le lendemain matin.

S'installer sur la dune pour observer le fleuve avec les jumelles et espérer voir des baleines, et se contenter de quelques jets au loin, et en être parfaitement heureuse et sonnée de toute la beauté du fleuve, du québec.

Déguster un croissant jambon-fromage à l'auberge en saluant nos amis de la veille et écoutant un violon et une guitare en direct de la gallerie d'en avant.

Prendre un tunel et un sentier boisé pour aboutir sur une petite plage donnant sur un lac magique caché dans les montagnes, jaser avec Etienne quatre ans qui porte du vernis mauve sur ses ongles d'orteils et qui nous assure qu'il est un grand garçon.

Être reconnaissante envers mon amoureux de m'avoir permis de vivre cette petite aventure, composée du début à la fin de premières expériences.

Se promettre de recommencer.

Écrire cette liste pour se rappeler que tout est possible.
  
  

Tylenol avec ça?

  
  
Ça me préoccupe beaucoup tout de même ce site... Des arguments montés sur des citations style EVENE point fr et une éducation basée sur wikipedia. Je sais, je sais, c'est une poignée de tatas. Mais ils sont tellement haineux envers les autres. Aucune nuance, aucune intelligence. Et je viens de terminer de lire un débat (toujours dans les comms) pro Israel qui m'a donné la migraine. Sérieux. Ça m'a rappelé cette carte trouvée au hasard de mes lectures il y a un bon bout de temps.

Land loss

Les minous dorment. C'est toujours comme ça quand les enfants partent après deux semaines. La première partie de mes vacances est terminée. Je ne pouvait accompagner l'amoureux à Québec pour voir le show d'une légende. Je reste ici, je lis la haine.

Deuxième partie de vacance, dans trois semaines. New York!!
  
  

Support our lynching

  
  
Sans aucune idée comment, je suis tombée sur Antagoniste point net. Ça fait déjà trois ou quatre jours de ça. Et je n'en revient tout simplement pas... Pas des billets eux-même, enfin, tout le monde a droit à son opinion, quelle qu'elle soit. Mais les commentateurs, ouf. En gros, les lecteurs de Richard Hétu sont des cas de psychiatrie, les américains sont les héros d'une guerre nécessaire pour apprendre aux pôvres étranges ce que c'est que la vraie vie. La démocratie est la solution à tous les maux de cette terre, et quiconque la réfute ou la refuse est un cave fini que ne mérite que de se faire bombarder, mieux, de se faire raser de la map. Omar Khadr est un dangereux terroriste qui n'a jamais été victime de quoique ce soit, Guantanamo est un endroit extraordinaire, justice sera rendue, et les méchants terroristes qui y sont détenus ont ce qu'ils méritent. Un sondage sur le site démontre que 63% des lecteurs de ce blog sont contre le rapatriement d'Omer Khadr. Et pour citer la commentatrice la plus active et radicale du site:
Et quand je vois une femme voilée ici, j’ai envie de lui enlever son torchon graisseux de la tête. Et quand je regarde le sondage ci-contre, cela me donne la nausée. Que ce p’tit con de terroriste reste à vie dans cette prison. Tant qu’à moi, cette prison est trop bien pour lui. Il mériterait beaucoup pire. Si Harper le fait revenir, je vous jure qu’il n’aura pas mon vote.

Épeurant. Les propos, la méchanceté, la cruauté. C'est bien au-delà de l'étroitesse d'esprit. Ça se rapproche de l'hystérie collective. Je les imagine tous très bien l'écume à la bouche, hurlant, brandissant des cadavres calcinés. Au nom de la démocratie.
  
  

Devant derrière

  
  
Des tempêtes du haut d'un totem jamais baptisé. Des ravins s'ouvrant dans le silence d'un lendemain de nuit mouvementée.

Il n'y a que le vide sous mes doigts, que le vide entre sites point com. Toutes ces averses de rires et de promesses, séchées aussitôt qu'elles touchent le sol.

Devant, derrière, toujours les mêmes empreintes. Le passé pourchasse les rêves et la source alimentée d'idéaux hallucinés quand le coeur criait famine.

La bouche remplie que par gourmandise, les mets les plus délicats ne sont que vulgaires amuse-gueules graisseux dont on s'empiffre par peur d'en manquer.

Et si mon plat était vide? Et si plus rien ne mijotait sur le feu?

Devant, derrière, toujours les mêmes mains qui se tendent, toujours les mêmes doigts sales qui quémandent.

Et le pied dans la porte, la bonne volonté fait tout son possible pour me brouiller la vue sur la nuit noire des envies et des peines.

Devant, derrière, toujours les mêmes histoires, les imparfaits ne vaincront pas, les beautés innaccessibles restent des blessures dont la douleur ne s'éteint jamais malgré les nuits mouillés et chaudes.

Je suis devant. Je suis derrière. Tout autour. Et dedans. Un refuge, un ring. Une vie.
  
  

Assez

  
  
"Aidez-moi! Aidez-moi!"

  
  

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Oh yes!

  
  

La honte, j'te dis pas

  
  
Argh, la honte. La honte! J'avais booké mes vacanes. Fait des plans avec les enfants, avec l'amoureux, avec des amis... Jusqu'à ce que le moniteur du camp de théâtre m'appelle à 6 heures ce soir pour dire à quelle salle déposer les enfants demain matin. Hein? Ouan. Donc, je repousse mes vacances, annule les plans, fait une folle de moi all around.

Et les enfants de m'apprendre que la nouvelle blonde habite à la maison la fin de semaine. Qu'elle fait la vaisselle, qu'elle plie le lavage, qu'elle cuisine.

Et ils m'apprennent également qu'ils se sont inscrits sur Facebook. Et misère. Il est pas question que je ne supervise pas ça. Ça veut dire quoi ça? Ouaip, on rouvre le compte.

J'étais en vacances maudite marde! EN VACANCES. J'allais écouter les grenouilles, me coller à mon homme, me baigner dans le lac, regarder les enfants pêcher. Prendre des marches à la lumières des étoiles.

Non ça sera pas pareil la semaine prochaine. C'est pas juste 5 jours de plus, c'est 5 jours de trop. En plus que j'ai pas de nouvelles du diable... Bon ok, il avait 300 entrevues à passer... Ok, c'est le temps des !#%$!#%? de vacances, il est peut-être short staffed. Enfin. J'essaie de ne pas trop y penser.

Je vais me fermer les yeux fort fort fort. Et attendre que la semaine passe.
  
  

Wikifiction, la rue des plumes perdues en ligne!

  
  
Y a un Coyote Inquiet qui travaille très fort depuis deux ans. Pour le citer:
Ouverture officielle de la plateforme (et communauté) d'écriture et de création collaborative Wikifiction - Rue des plumes perdues... wikifiction.ca, qui est en l'occurence le projet de mémoire-production de ma maîtrise en communication - médias interactifs - que je vais présenter à la fin de l'été à un jury de professeurs.

Pour en savoir d'avantage, allez lire chez lui l'introduction au projet.

Trop curieux? Pas patients? C'est pas grave. C'est par ici que ça passe: wikifiction.ca ou cliquez sur l'image



Des questions? Dans les commentaires ici, par courriel, ou encore par le forum de discussion! Inscrivez-vous, et à vos plumes :)
  
  

La silencieuse harmonie de mai en juin

  
  
C'est l'été on dirait bien. Je ne pense pas me marier de sitôt, mais j'apprend à rouler les fenêtres ouvertes et à vivre sans trop souffrir de culpabilité. J'ai laissé tomber mes dernières défenses et décidé que je ne pouvais aimer à temps partiel. Que je ne pouvais aimer sans le dire. Que je ne pouvais aimer sans l'être en retour. Et chaque matin semble plus facile à vivre que le précédent. Le fleuve était agité et le ciel était gris et la pluie battait contre le toit de tôle et comme les tempêtes intérieures le calme est parvenu à me trouver. La paix de l'âme est sans prix, vaut tout. Je met un pied devant l'autre, sans trop me soucier du vide qui pourrait surgir.

Je suis la source inatendue, le vent de face, l'abdication des rêves chambranlants de l'artiste au génie tourmenté, la mer chaude aux promesses en crêtes pétillantes. Je suis tout ce qui n'a jamais été espéré. Et je suis parce qu'il est. Parce que d'être peut être bon. N'a pas à être mérité. Ne porte pas de conditions. Parce que dans le noir mon corps trouve toujours le sien, peu importe la distance. Les courants, les dérives, je suiverai, jusqu'aux gorges, jusqu'aux grottes, jusqu'au bout.
  
  

J'espère

  
  
J'avais pas l'intention de faire de post pour la St-Jean. Juste parce que j'étais pas chez moi. Et puis je reviens et je fais le tour et je lis une tonne et demi d'idioties et vraiment, non, je suis ne suis plus trop fière.

Oui, hier je suis descendue parmi les bédaines et les tatous. Oui j'ai aimé ça Xavier Caféine et Loco Locass. Et j'ai trouvé le monde beau. Les hommes, les femmes, les enfants. Chinois, libanais, africains, latinos, haïtiens, italiens, grecs, et on bouffait de la poutine et des empenadas en buvant de la Bleue tiède et flate pis on se faisait des sourires, pis j'ai pas eu de misère du tout à m'identifier à tous ceux qui m'entouraient.

J'ai crissement plus de misère avec ceux qui beuglent que les québécois c'est une gang de BS obèse pas éduquée.

La mort du Québec, du québécois n’est pas juste due à Star Académie et Cinéplex Odéon. Il n'y a pas que les spectateurs de Loft Story qui nous tirent par le bas. Il y a tous les autres, qui préfèrent taper sur leur clavier que leur patrie leur fait honte, qui aiment mieux chier sur une journée de party qui fait du bien, qui annonce le début de l'été, qui nous permet d'échanger des sourires avec des étrangers, ce qu'on ne fait plus jamais. Et puis je vous avoue quelque chose. Des groupes comme Loco Locass me donnent espoir.

Il n'y a pas que des losers, des BS et des caves ici. Il y a aussi des hypocrites. Arrêtez de toujours regarder vers le haut, vers l'état, pour vous sortir de la marde et de regarder vers le bas pour vous réconforter que vous êtes pas si pire. Arrêtez de brailler que tout va mal et impliquez vous. Arrêtez de rire des autres et regardez vous donc dans le miroir. Et si vous n'êtes toujours pas heureux ici, si vous pensez que vous êtes au dessus de tout ça, de nous tous, si les québécois vous font toujours aussi honte, déménagez donc en bas ou l'autre bord de la flaque, ou même au bout de la 40. Ça doit être tellement mieux qu'ici.

Pour ma part, je préfère croire que tout espoir n'est pas perdu. Je préfère les discours grandiloquents, les élans patriotiques théâtraux, à n'importe quel bitchage. J'ai espoir.

Les Géants
-Biz, Batlam, Chafiik

Donne la main à toutes les rencontres, pays
Toi qui apparais
Par tous les chemins défoncés de ton histoire
-- Gaston Miron


Nous sommes issus d'un sol immense, qui nous a tissés métissés
Rebus de brins de laine tressés très serré
Sans couture au sein d'une ceinture fléchée
Comme quelque queue clinquante de comète effilochée
Et si l'on suit le fil de notre texte il
Mène à la sortie du labyrinthe de Pan
Qui nous éreinte depuis qu'ils ont mis nos torts dedans
Ils ont conquis nos territoires, pillé notre histoire et volé notre mémoire
Avec leurs thèses de fous, ils nous ont dit: «Taisez-vous!
Vous ne valez pas 10 sous
Vous n'êtes pas vous, vous êtes nous
Vous êtes dissous
Notre substrat vous subsume et la comparaison vous consume»
Faux! Nous venons d'avant
Nous sommes antérieurs
Nous sommes des créateurs, pas des créatures, pas des caricatures
Notre maison n'a pas de cloisons
Mais quatre saisons
Acclimatés au climat
Et faisant fi du frimas
Nous avons parcouru par ses artères tout un continent titan
Notre espèce aspire à l'espace et son empreinte est partout
Tapie dans la toponymie
Gravée dans le granit, égrainée sur la grève
Arc-boutée dans les arches de nos dingues digues dignes de la muraille de Chine
Dans les champs essouchés sous la lune
Et les racines d'un hêtre qui ne peut plus plier
C'est une histoire riche qui n'est sur aucune affiche
Et qu'on a laissée en friche
Dans nos caboches, ce n'est que roches et fardoches
Cosmogonie à l'agonie
Dans le tome fantôme du grimoire d'une mémoire moisie
Sur nos épaules on porte pourtant le pack-sac d'un passé épatant
Mais allons-nous mourir en nains quand nous sommes nés géants?
Sitôt venus au Nouveau Monde
On a dompté les hivers et fabriqué de la terre
On avait la tête à la fête et le coeur au labeur
Opiniâtres, on n'a jamais laissé mourir le feu dans l'âtre
Car nous avons la tête à Papineau
La longue langue agile de Da Costa
Le coeur-corsaire de d'Iberville
Qui envoie en nos veines
Le pur-sang mêlé-mêlé de Riel et des Premières Nations
Nous avons l'aviron de Radisson, la vigueur de la Vérendrye
Les jarrets de Jolliet et tous les talents de l'intendant Talon
En somme, nous sommes des surhommes uniques
Générés par le génie génétique de l'Europe et de l'Amérique
Inéluctablement, nous voguons vers le néant
Mais allons-nous mourir en nains quand nous sommes nés géants?
Opaque, il faut qu'enfin notre épopée éclate
C'est sans équivoque, cette Histoire est pleine et craque
Loco Locass la provoque de son verbe épique: les eaux sont crevées
Et tombent en trombes et forment une flaque, que dis-je, une flaque
C'est comme un lac à nos pieds
Le col se dilate
Le sol s'écarquille
Pour laisser monter un corps en forme d'ogive
C'est le chaos qui «paaaaaasse» dans le chas d'une aiguille
C'est un cri qu'on pousse, un coeur qui pulse
Celui d'un peuple qu'on accueille ou qui frappe un écueil
Dans l'oeil du cyclone, chaque seconde en vaut quatre
Nous rapproche d'un miracle
C'est un spectacle sans entracte
Mais gare à l'arrêt cardiaque
Entre la mort et la vie
L'arrivée d'un homme comme lors d'un référendum
Un peuple oscille entre le rien et tout ce qui brille
Je pose des mots garrots gare au flot hémorragique
Ô ma rage gicle par tous les pores de mon coeur spongieux
Sur ce son long jeu conjure ma mortelle nature
Et nous disons que la parole est une sage-femme
Qui tire des limbes un monde à naître
Fort de cette maïeutique aux forceps
Le poète nomme enfin celui dont il voit poindre la tête:
QUÉBEC!
  
  

C'était débarré

  
  
Je refermerai un peu la porte après ce message, mais
je ne la vérouille pas non plus.

Je pense à toi parfois. Souvent ces jours-ci. Je sais pas pourquoi, peut-être parce que toi aussi. J'ai relu notre dernier échange, qui date déjà d'un peu plus d'un an. Et j'ai toujours les mêmes questions en têtes. Celles que je n'ai jamais osé te poser. Et aussi certaines qui se sont formées au fil du temps. Je me demande par dessus tout si tu l'aimes toujours autant. S'il t'a finalement convaincue de faire un bébé. Ça m'a toujours attristée de constater à quel point tu te sentais le devoir de le défendre, de justifier son refus d'accepter ses actes. Mais je ne t'ai jamais jugée, surtout pas pour cela. J'ai toujours ces deux dates en tête. Ces dates qui te faisaient rager, finauder, supplier. Celles qui représentaient tout pour toi, toute la différence. Il n'y avait pas que mon cul que je couvrais avec mon silence. Il y avait ta raison. Je crois que tu l'aurais quitté si tu les avais eues. Trois vies bouleversées, c'était assez. Pas besoin de les briser.

Je pense à toi parfois. Je revois la photo que tu m'avais envoyée, ton corps mince, tes cheveux blonds, ton beau sourire. Et les contrastes entre nous, et pourtant la surimposition c'est faite instantanément. Après quelques lettres nous parlions le même langage. Et l'écho que j'entends toujours, c'est celui de nos voix muettes qui criaient notre besoin d'amour. Sans jamais l'avouer. Je crois que notre désarroi commun nous aura unies. Mes amours en décomposition, plus d'ancre, plus de port. J'étais si seule. Et toi au bord du gouffre de la perte. Et nos mains qui cherchent à s'accrocher à quelque chose, n'importe quoi, n'importe qui. Et qui de plus improbable que l'une pour l'autre?

Je pense à toi parfois. Est-ce que tu viens toujours ici? Où en es-tu avec ta vie, la sienne, la vôtre? Comment tu as pu vivre tout cela, comment tu as pu lui pardonner... Je t'admirerai toujours pour la force dont tu as fait preuve. J'ai tout effacé de cette époque, de ce moment dans ma vie. Sauf toi. Comme un phare, tu as doucement parsemé de lumière mon chemin que je croyais avoir à parcourir dans le noir à tout jamais.

Je pense à toi ce soir. Tu me manques. J'aurais aimé te le dire autrement. Mais tout est ici, mon message pour toi, et si mon coeur ne me trompe pas, je crois que le tien en captera l'essence.
  
  

"Ainsi va le monde. Ce n’est pas ma faute."

  
  
Toujours pas de nouvelles du diâble. I'll leave it at that. Shouldn't be too long now, and I really don't want to jinx it.

J'ai downloadé Spore Creature Creator hier soir. Et acheté la version complète tantôt. Bye bye les Sims man. Wow!

J'écoutais une pauvre folle psychologue chier sur la fille de 14 ans qui a lâché l'école et s'est embarqué dans une relation de trois ans avec un violent. Elle a fait des choix, qu'elle disait. Elle a CHOISI de rester, de ne pas partir. Pauvres parents désemparés qui ont appelé la DPJ parce qu'elle refusait de retourner à l'école, parce qu'elle refusait de revenir à la maison. Sale petite ingrate. J'étais tellement pompée que j'ai fermé la radio.

Qu'est-ce que ça va prendre pour que les parents fassent leur job un jour? Quand est-ce qu'on va arrêter de penser qu'un enfant de 12, 13, 14 ans c'est capable de prendre des décisions matures? Une fois qu'ils sont capables de se faire des grilled cheese ça ne veut pas dire qu'ils sont assez autonomes pour se passer de discipline, d'amour, d'attention, d'affection, de support, d'encadrement.

Le problème qu'ils disent, c'est tous ces jeunes qui ne savent pas vivre, c'est tous ces jeunes qui vivent dans leur portable, ipod, cell, la porte de chambre fermée, les écouteurs enfonçés dans les oreilles. Non le problème c'est vous autres. Votre trip de procréer parce que votre vie serait une fosse septique sans enfants. Parce que vous êtes tellement égocentriques que vous vous promenez avec vos kids habillés chez Clément à 150$ le chandail comme si c'était un fucking accessoire mode qui fit avec votre belle Volvo station silver et votre chien et votre belle maison à 500000$. Le problème c'est que quand ça pogne 10-11 ans, c'est moins cute, ça raisonne, ça argumente, ÇA VOUS IMITE. Et c'est là que vous lâchez prise. C'est là que vous vous rendez compte de comment triste est votre réflexion dans le mirroir malgré votre laveuse frontale à 1500$.

Le problème, c'est que vous leur donnez tout. Sauf de l'amour. Sauf du temps. Sauf votre attention. Sauf votre dévouement le plus complet. Vous ne verrez jamais d'amour et de reconnaissance dans leurs yeux tant que vous leur donnerez des cellulaires, des moppettes, votre carte de crédit.

Je suis tannée des parents de ma génération. Tannée des enfants-roi qui ont enfanté des enfants-dieu. Plus capable du chiâlage, du dénigrement, de la négligeance, de l'abandon.

Et pourtant... Je les regarde aller ces ados et je les aime. J'ai envie de tous les aimer, comme j'aime les miens. Parce qu'au fond, c'est juste ça, juste des enfants un peu perdus. Je ne peux me faire bergère, mais j'aime à croire qu'ils finiront par trouver leur chemin. Malgré vous autres.
  
  

Pleased to meet you

  
  
Je suis sur le point de vendre mon âme au diâble.

Mais le diâble m'offre un salaire intéressant, trois semaines de vacances, 15 jours de maladie, la semaine de quatre jours, un fond de pension, des assurances à plus finir, de la formation continue et le summum de la réussite professionnelle...

Mon propre cubicule!

Je vais demain le rencontrer en personne et l'impressionner avec mes charmes à plus finir et ma personalité peut-être un peu trop pétillante.

Si tout va comme je le crois, je devrais verser quelques gouttes de mon sang au bas d'un contrat d'ici quelques jours.

C'est curieusement un moment heureux.
  
  

Well..

  
  
Scuzez pour le drame... Je me réessaie à la vie. On sait jamais, ça peut peut-être marcher!
  
  

Courant d'airs connus

  
  
Par les jardins anciens foulant la paix des cistes,
Nous revenons errer, comme deux spectres tristes,
Au seuil immaculé de la Villa d'antan.

Gagnons les bords fanés du Passé. Dans les râles
De sa joie il expire. Et vois comme pourtant
Il se dresse sublime en ses robes spectrales.

Ici sondons nos coeurs pavés de désespoirs.
Sous les arbres cambrant leurs massifs torses noirs
Nous avons les Regrets pour mystérieux hôtes.

Et bien loin, par les soirs révolus et latents,
Suivons là-bas, devers les idéales côtes,
La fuite de l'Enfance au vaisseau des Vingt ans.
-Emile Nelligan, La fuite de l'enfance

Il arrache le crayon de mes doigts et me dit "Arrête, arrête ça. Et écrit."
Ecrire, c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit. -Marguerite Duras

Mais bien sûr que tu peux me rendre heureuse. Dès que je me permetterai de l'être.
  
  

A.M.

  
  
Ce sera ce sera ce sera. Tout peut être. Et les mots les idées se bousculent, parce que j'arrive pas à me convaincre de rien. Ce dimanche, comme tous les autres, aura été pénible. Et de plus en plus je me rapproche de cette blessure que je m'applique depuis des mois à ignorer. Des mois, des années. La première chose qui me soit passée par la tête quand je l'ai vu pour la première fois, c'est "c'est l'homme de ma vie". Et la perte de ce rêve, la constatation que c'était juste ça, que ça c'est juste éteint avec le temps, la vie, l'argent, les jobs, les enfants. Bien sûr qu'il me manque. Bien sûr que ça me fait chier de savoir qu'il y en a une autre qui se promène en bobettes dans la cuisine que j'ai dessinée, qui met ses fesses sur le sofa où tant de moments ont vécus, qui couche dans le même lit qu'on arrivait plus à partager depuis si longtemps. Bien sûr. Que son sourire n'a pas changé, qu'il boit moins, que ça sent toujours bon quand je vais reconduire les enfants à l'heure du souper, qu'on rit encore des mêmes choses, qu'on a pas toujours à compléter nos phrases pour se comprendre.

Mais. Bien sûr que je n'ai pas oublié les nuits blanches, les caresses refusées, la solitude, les corridors tordus pour se rendre à son coeur. Où je me suis perdue. Je ne veux pas revenir en arrière, je n'ai même pas à le répéter pour m'en convaincre. Au contraire, tout ce que je veux c'est avancer. Mais y a ce passé qui me tire par la manche. Que me chiâle après. Qui me dit, hey la grande, t'oublie quelque chose là. Ma relation, ma famille, me définissait. Je ne veux pas redevenir qui j'étais, je ne savais pas qui j'étais. Pas plus qu'aujourd'hui d'ailleurs. Je ne suis encore qu'une survivante affamée.

Je n'en peux plus de vivre de souvenirs. Je me fait taper sur la gueule continuellement. Oublie pas ça, oublie pas d'où tu viens. Oublie pas ça, oublie pas ce que t'as vécu. Mais y a personne qui me force, c'est ce qui est dur à prendre. Je sais que c'est moi qui se joue le foutu film en boucle. J'ai rien ni personne à blâmer. La vie ne me force pas à retourner en arrière, au contraire, elle me pousse dans le derrière et je suis sans cesse tiraillée entre avancer, staller, reculer.

J'imagine qu'il me reste encore beaucoup de colère, de peine, d'incompréhension à dealer avec. Je tâte dans le tas, pour trouver un début.
  
  

Hard to forget...

  
  


Via Kitsune Noir. Link
  
  

In time, in time...

  
  
  
  

Shhh

  
  
J'essaie de me donner un gros, gros cul de pied au cul. Promis.

Je pense que je me suis ramassée presqu'aussi creux qu'il y a deux ans. En accéléré. Sans écrire, sans pleurer. Juste les sourcils très froncés. Des rouges brûlées, mais toutes les tâches faites, tous les comptes payés, tous les matins levée et en route.

Juste, ben ben creux. Assez noir pour avoir peur de pas retrouver mon chemin.

Y a de ces constatations qui te donnent le goût de perdre la vue. Mais là un moment donné ça va faire.

Donc. Y a de la lumière, bla bla bla. Bottom line, je m'en sors.

Mais câlisse je veux pas aller en thérapie. Ouais, bande de chanceux, ouais, vous les irréductibles qui m'ont pas lâchée, qui reviennent ici malgré mon silence de plus en plus prolongé (merci!), une petite vague d'introspection maladive comme à la bonne époque s'en vient. Je ne me tais pas parce que j'ai rien à dire. Je me tais ici, parce que j'ai peur de vous faire fuir. J'ai blogué pendant presque deux ans sur un template noir.  Et quand j'ai finalement allumé la lumière j'ai entendu le soupir de soulagement d'ici...

Alors si vous me permettez, je vais bientôt tamiser l'éclairage. J'ai des trucs à dire dans le noir.
  
  

Pour la valise

  
  
Comme à chaque année je t'ai souhaité bonne fête des mères, en visitant ton dernier domicile. Le garde-robe de l'entrée. Je le sais que tu m'as demandé d'aller t'éparpiller dans le ruisseau à Morin Heights. J'ai encore la map que tu m'as dessinée. Juste là, en bas de la côte, avec une flèche pour que je trouve ton sentier. Mais chaque fois que j'y pense je me dis, pas tout de suite, je ne suis pas prête. Parce que tu m'avais aussi dit, vas-y juste quand t'es prête.

Les enfants sont arrivés ce soir. Et en vidant la laveuse tantôt je me suis dit, bordel que ma vie a du sens quand ils sont avec moi. Et je pense à toi, à tout ce que je t'ai reproché, à tout ce que j'arrivais pas à te pardonner. Et c'est fou comment tout ça s'est fondu dans la toile de mes souvenirs. Parce que je sais à quel point j'étais importante pour toi. Je sais à quel point certains matins il n'y avait que moi qui te faisais te lever. Je sais aussi que la pilule de plus, la track de plus, celle qui t'aurais emportée, tu l'as jamais pris pour ça. Pour moi.

Et je me retrouve un samedi soir seule chez moi à manger une quiche, un peu de baguette avec du pâté et du chèvre. Je regarde par la fenêtre, c'est le silence. Tu es si présente, plus que tu ne l'as été depuis ta mort. Mes gestes, mes mains, mes rires, mes regards. Tout porte ta marque. Je suis où tu as été et j'ai parfois l'impression de vivre la vie que tu aurais aimé être capable de vivre. Et dans mes moments difficiles je vois tes traces de pas là devant. Je ne fais que bien choisir mes tournants, et malgré l'envie de suivre tes pas, parfois, tu vois, je dois prendre une autre direction.

Mais je sais, enfin je crois comprendre, que tu étais simplement mal armée pour cette vie-là. L'impression de ne jamais fitter, de ne jamais être à la hauteur. Et je pense qu'il est arrivé un moment donné où tu n'as plus voulu faire de choix guidés par la peur. Et c'est là que tu t'es perdue. Je l'ai pris ta main tendue tu sais. Plus souvent que tu ne le crois. Mais je ne t'en veux plus. Je regrette simplement de ne pas avoir eu la maturité de te pardonner de ton vivant.

Tu me manques plus aujourd'hui qu'à n'importe quel autre moment de ma vie. Il y a, il y aura toujours une pièce manquante dans ma vie. Je regrette de ne pas t'avoir dit plus souvent je t'aime. Je regrette de ne pas t'avoir serrée dans mes bras quand tu en avais le plus besoin. Je regrette, je regrette, je regrette. Ton parfum me manque, ta voix, nos délirs avec les mots. Tes caresses, quand tu me serrais dans tes bras et que tu me disais je t'aime. Ton riz espagnol, ton pain doré.

J'ai encore ta valise remplie de mes cartes et bricolages que je t'offrais. Mon préféré a toujours été le papillon en terre cuite. La peinture à l'eau est toute partie, il a une aile brisée. J'y rajoute cette lettre ce soir. Je sais que ça ne compensera jamais pour toutes ces années où t'as pas pu rien y mettre. Cette lettre ne sera jamais un souvenir pour toi. Mais j'espère tout de même qu'elle y trouvera sa place.

Bonne fête des mères Maman. Je t'aime.
  
  

Bits of a new one

  
  
"I'm lost, I'm lost can't you see?"

(While thinking, thinking she was headed somewhere until Victoria's Secret's catalogue came out)

Hodge Podge. When you say it out loud, it sounds like some kind of desert. Always wanted to write that. Like lost like water we fly over words when they run when they try to get away with it. Door's wide open man, step right out. I ain't running no more.  I wanna tell stories 'bout mah ded kitteh and 'bout that time when Ah loss mah job.

She doesn't look like she's read any intelligent books. I read that once and could not help wondering if it was about me.  Then I thought, how could it be? Now I think, who gives a fuck? I read Esquire magazine for my overpaid overworked no-time-for-arts-and-culture capitalist pig needs while puking eco-propaganda around me like I was fucking David Suzuki's heir. I never pretend though. I can sleep at night because I think about buying a Prius. But now I'm told Ethanol is the root of all evil. Gotta keep up with these damn lobbyists! I'm thinking. I might not read anything printed anymore, but I sure am informed. And opiniated. On my way to being cultured and politicized enough for anyone who cares. Then again, I have to stay close to the commoner. That's why I support my hockey team and watch tv.

...
  
  

I'm tryin'

  
  
Live a good life

.....................Mon fils me dit hier soir "Si quelqu'un te contacte après que tu aies envoyé ton cv, tu vas prendre la job hein?".Je fais mon possible. Le quotidien inévitable des soupers, lavages, lifts, courses... Mais je porte le poids de mon insatisfaction et des mes frustrations comme un chandail de laine en plein juillet. J'ai dû faire planer le doute quant à ma santé mentale au bureau hier pour enfin obtenir un peu d'aide. Je connais les signes, et je ne suis pas convaincue d'être rendue là encore. Quoique je n'aie pas vraiment fait semblant non plus. Seulement, j'ai forcé la note un peu. Juste assez.

Au point où j'en suis, d'être congédiée me ferais presque plaisir. J'arrive à trop de constats en même temps. Il y a quelques mois je m'étais faite l'avocate du diable au cours d'une conversation animée au sujet des syndicats avec Dieu Diesel. Sans mauvaise foi aucune, j'avançais que la compagnie qui m'emploie semblait tout de même tenir à ses employés, semblait tenir compte de leur valeur humaine. Et par le fait même rendait le sydicat obsolète dans un contexte semblable. Ce qui je le sais bien n'est pas vraiment le cas. Parce qu'en bout de ligne, c'est le ca$h qui compte. Parce qu'à la fin de l'année, c'est du noir qu'ils veulent, pas du rouge. Et les êtres humains ne fittent pas dans la colonne de droite. Il n'a jamais concédé quoique ce soit. Mes arguments ne valaient rien. Et l'écho de la passion des siens me résonnent aux oreilles aujourd'hui, c'en est assourdissant.

Ce que la compagnie représente maintenant à mes yeux, c'est une chose. Et avec le recul, ce ne serait sûrement pas assez pour me convaincre de partir. Après tout, j'ai une famille à faire vivre. Et ce n'est que mon innocence qui est touchée. Mais ce choc a tout bousculé. Et je me rend compte que ce qui me rend le plus malheureuse c'est de constater que peu importe ce qui arrive, rien ne changera jamais. Mon patron, mes collègues, les opérations, les ventes. Tout, tout m'horripile maintenant. Je suis devenue amère, négative, agressive. Alors que j'adore travailler. Je suis de nature curieuse, joviale, j'aime apprendre, régler des problèmes, gérer plusieurs dossiers à la fois. Mais depuis des années je travaille avec des gens qui se contentent de se présenter à chaque jour pour s'assurer de recevoir une paye. Qui ne bousculent rien, ne questionnent rien.

Et alors que je pars prendre une pause en après-midi, une collègue me dit dehors dans le stationnement "tu as vu la nouvelle voiture du président? Regarde, juste là". C'est une corvette. Noire. Nice. Certains perdent leur job. D'autres se promènent en corvette. Noire.

Comme un gros corbeau sale.
  
  

I’m tryin’

  
  
Live a good life

.....................Mon fils me dit hier soir "Si quelqu'un te contacte après que tu aies envoyé ton cv, tu vas prendre la job hein?".Je fais mon possible. Le quotidien inévitable des soupers, lavages, lifts, courses... Mais je porte le poids de mon insatisfaction et des mes frustrations comme un chandail de laine en plein juillet. J'ai dû faire planer le doute quant à ma santé mentale au bureau hier pour enfin obtenir un peu d'aide. Je connais les signes, et je ne suis pas convaincue d'être rendue là encore. Quoique je n'aie pas vraiment fait semblant non plus. Seulement, j'ai forcé la note un peu. Juste assez.

Au point où j'en suis, d'être congédiée me ferais presque plaisir. J'arrive à trop de constats en même temps. Il y a quelques mois je m'étais faite l'avocate du diable au cours d'une conversation animée au sujet des syndicats avec Dieu Diesel. Sans mauvaise foi aucune, j'avançais que la compagnie qui m'emploie semblait tout de même tenir à ses employés, semblait tenir compte de leur valeur humaine. Et par le fait même rendait le sydicat obsolète dans un contexte semblable. Ce qui je le sais bien n'est pas vraiment le cas. Parce qu'en bout de ligne, c'est le ca$h qui compte. Parce qu'à la fin de l'année, c'est du noir qu'ils veulent, pas du rouge. Et les êtres humains ne fittent pas dans la colonne de droite. Il n'a jamais concédé quoique ce soit. Mes arguments ne valaient rien. Et l'écho de la passion des siens me résonnent aux oreilles aujourd'hui, c'en est assourdissant.

Ce que la compagnie représente maintenant à mes yeux, c'est une chose. Et avec le recul, ce ne serait sûrement pas assez pour me convaincre de partir. Après tout, j'ai une famille à faire vivre. Et ce n'est que mon innocence qui est touchée. Mais ce choc a tout bousculé. Et je me rend compte que ce qui me rend le plus malheureuse c'est de constater que peu importe ce qui arrive, rien ne changera jamais. Mon patron, mes collègues, les opérations, les ventes. Tout, tout m'horripile maintenant. Je suis devenue amère, négative, agressive. Alors que j'adore travailler. Je suis de nature curieuse, joviale, j'aime apprendre, régler des problèmes, gérer plusieurs dossiers à la fois. Mais depuis des années je travaille avec des gens qui se contentent de se présenter à chaque jour pour s'assurer de recevoir une paye. Qui ne bousculent rien, ne questionnent rien.

Et alors que je pars prendre une pause en après-midi, une collègue me dit dehors dans le stationnement "tu as vu la nouvelle voiture du président? Regarde, juste là". C'est une corvette. Noire. Nice. Certains perdent leur job. D'autres se promènent en corvette. Noire.

Comme un gros corbeau sale.
  
  

Yessssssssssssssssssssss!!!

  
  
MAIS

J'aimerais comprendre c'est quoi la motivation des CAVES qui trouvent qu'une victoire du Canadien ça veut dire détruire, vandaliser et juste, faire chier le monde et nous faire honte. C'est quoi leur crisse de problème? Qu'est-ce qui se passe dans leur petite tête vide pendant qu'ils sacrent le feu aux chars de police, qu'ils pètent des vitrines de magasins et qu'ils terrorisent carrément le reste du monde autour?

Je suis tombée sur cette image là aujourd'hui. Pourquoi j'y vois un paralèlle? Je sais pas.

  
  

Fridays in transport

  
  
I'd like to know... To understand... At what point does screaming at your colleagues and employees become acceptable. At what point this:

I need this done, I want this to deliver Monday morning. Don't tell me it won't be done! I CAN'T FUCKING BELIEVE YOU PEOPLE. YOU DON'T KNOW WHAT THE FUCK YOU ARE DOING. NOW GET THIS DONE, GET YOUR FUCKING JOB DONE AND DON'T YOU TELL ME AGAIN WHAT CAN AND CANNOT BE DONE.

is acceptable.

Why do you think that by telling YOUR boss all this is overblown and that you have witnesses who will say you did not swear that it will make a difference?

What kind of respect, motivation and dedication you expect to get from your employees by yelling, belittling and insulting them?

How can you expect me, the team leader, to take your side? How can you expect me to stay here and cover your fucking asses?

And I can't help but wonder, how would you feel if the tables were turned? How would you take this kind of abuse? Then again, maybe you would not have to endure this.

Because the fact that you have a penis changes everything.

I can tell you one thing. Had you screamed at ME this morning, it would've gone a little further than this. A little further than "I did not swear, therefore no big deal.".

Fuck I'm tired.
  
  

Des nouvelles, un peu

  
  
C'est pas plus facile. Le moral est au plus bas au travail. Les rumeurs vont bon train et le manque de transparence ne fait qu'empirer le tout. Alors que nos opérations devraient être au plus fort, les effectifs réduits du côté de la production ralentissent la sortie des commandes, et plusieurs craignent que les clients ne se lassent des attentes et achètent ailleurs. Ce qui en soi est compréhensible. Les matériaux de construction et de rénovation sont en demande, et des coupures comme celles qui viennent d'être effectuées nuisent grandement à notre capacité à répondre à cette demande.

Je me vire de bord, et j'ai finalement mis à jour mon CV. Pour la première fois en près de 5 ans, j'ai postulé pour une job. Shit, c'est stressant. Et une lettre de présentation! Ewww. J'ai pas pris de modèle, je suis allée comme je croyais. J'aime à croire que de rester simple et originale me servira plus qu'un modèle laitte. C'est pour le Cirque du Soleil... Je me dit que tant qu'à chercher une job, aussi bien y aller pour des trucs qui m'allument, qui m'intéressent. Une job corporate grise et fade, ça m'intéresse pas. Alors je plonge. Je vais chercher des compagnies cool seulement. On verra bien.

J'arrive pas à écrire ces jours-çi. Mon avenir et celui de mes enfants me préoccupent au plus haut point.

Trois points positifs me tiennent de bonne humeur. Mon chum, qui avec ses mots, ses sourires et ses yeux m'aide à croire que tout va s'arranger. Le Canadien (yé!). Et j'ai réservé une petite maison-studio à Manhattan dans le East Village pour une semaine en août. Avec les enfants, on s'en va traîner dans le Chinatown, picniker sur le Great Lawn, bouffer à s'en fendre le ventre chez Veselka, et bouquiner au Housing Works Bookstore en sirotant une tisane. Faudra évidemment se taper un milk shake au Shake Shack! Et puis... tout le reste. Je sais, c'est loin août. Mais c'est de bonnes raisons de regarder en avant avec le sourire tout de même.
  
  

Dans le déchiqueteur

  
  
S't'un peu heavy ces jours-çi. Les gens partent, après 15, 18, 20, 32 ans de service. Certains en pleurs. Et on est assises et on regarde les notes de service passer. Les remerciés s'éclipser, regardand le sol, rasant les murs, des questions affaissant leurs épaules. Et moi qui pour la première fois n'a pas de plan B. Pas de filet. Je n'essaie pas de convaincre personne que je fais plus pitié qu'une autre. Et je ne doute que vaguement, et très sporadiquement de mes capacités. Mon nom, mes compétences sont reconnus dans mon domaine.  Et j'ai déjà senti la soupe chaude. Ce n'est pas pareil cette fois.

C'est comme un petit deuil à chaque départ, chaque annonce. C'est de voir ces gens vivre le drame live, right before our eyes.

C'est le silence des dirigeants.

C'est une compagnie cotée en bourse qui est toujours très rentable. Qui curieusement a vu son titre baisser au même moment où elle annonce ses intentions de récupérer des actions qui étaient auparavant disponible sur le marché publique.

C'est la mort de mon innoncence, ma foi en une compagnie qui me semblait relativement humaine.

C'est mes morts, mes fantômes qui frappent à ma porte. La porte de mon appart que je ne veux pas perdre. C'est peut-être l'orgueil qui m'enflamme. Mais l'idée de ne pouvoir subvenir aux besoins de mes enfants par moi-même me trouble profondemment. Bien sûr que tout est possible. Bien sûr que je vais m'en sortir peu importe ce qui arrive.

C'est juste un peu plus gros qu'un simple réaligment professionnel.

J'arrête pas de penser à eux, qui sont partis. Qui se sont fait montrer la porte. L'humiliation, la perte, le vide, l'inconnu. Et je pense à moi, qui est toujours là. Mais pour combien de temps?
  
  

Pressez-Jetez

  
  
Pour le premier avril, au lieu d'un poisson on a reçu une brique. Des coupures sauvages. 45 employés dans la cour. Je ne sais pas combien dans les bureaux. Mon département passe de 5 employées à 3. On me dit que les ventes du dernier trimestres sont presque à moitié plus basses que celles du même trimestre l'an dernier. En chiffre on a vendu pour 27 milions ce trimestres. 42 milions le même trimestre l'an passé. Je n'ai pourtant pas constaté de baisse dans ma charge de travail, au contraire. Et j'ai les chiffres pour le prouver. Les ventes sont peut-être en baisse mais pas les achats. Je dépense en moyenne 300 000$ par mois en transport pour les importations. Alors qu'on m'explique pourquoi on autorise les achats si le matériel ne se vend pas. Qu'on m'explique comment une compagnie qui déclare un chiffre d'affaire de plus d'un demi miliard par année puisse prendre des décision comme ça. Comment des gestionnaires finissent toujours par chopper dans les opérations et garder des employés en trop dans les départements administratifs. Je suis confuse. Mais je sais par contre que c'est beaucoup plus rapide comme solution de sabrer dans les dépenses, dans les départements qui ne génèrent pas de revenus. On laissera les vendeurs aux comptes de dépenses et au char fourni leur emploi, on sait jamais, ils vont peut-être finir par vendre de quoi. On m'a dit hier, les coupures toucheront tous les départements. À 4 heures hier tout ce que j'ai vu comme coupure c'est les deux filles qui travaillaient avec moi et un gars dans une autre division du transport. Je me retrouve donc avec une équipe amputée, affaiblie. Avec le même work load. Avec les mêmes attentes de la part des acheteurs. Le même nombre de chauffeurs à dispatcher. Le même nombre de voyages à vendre. Le prix du diesel qui a augmenté d'une piasse le gallon en un mois. Moins de camions aux États-Unis, puisqu'ils n'achètent plus de nous. Alors qu'il y a un an j'avais 10 camions pour un voyage, c'est aujourd'hui le contraire. Le prix du transport augmente. Mais pas le prix de vente des produits qu'on vend. Et bien sûr on me demande de tout faire comme avant. Pas d'over time surtout. Et il ne faut pas non plus que notre service en souffre. Et il faut s'assurer de répondre à toutes les demandes rapidement, avec le même professionnalisme. Je suis dans un état proche de la panique. J'ai l'impression qu'on m'a mise en charge de cette équipe là en prévision de ces coupes. Avec l'intention de me laisser m'enfarger, me planter. J'ai l'impression que tous les yeux sont sur moi. J'ai pas envie de rentrer ce matin, pas pantoute.
  
  

Publier

  
  
J'aurais aimé que mes mots te transpercent, te crèvent, t'arrachent les yeux. Te renversent, te démembrent. Hacksaw. Une pluie de sang coulant des bouts de doigts ayant voulu effleurer les phrases insupportables.

J'aurais voulu. Autant de pouvoir que la voix de Wells, panique all around. Des mots comme des clous, comme des balles. Chaque ligne coupant à la source les envies d'ordinaire.

Et qui est-ce qui se couche avec l'intention de l'écrire ce grand roman? Mais surtout, avec la conviction qu'il en est capable? Désespoirs derrière les touches, nous sommes tous prisonniers de nos ambitions.

J'ai envie d'armes de destruction jouissive, de mon clavier vers le points G de ton imagination. Et d'abreuver le tout des insultes les plus basses pour mieux te prendre par derrière, une poignée de cheveux sales entre mes doigts, je te tape la tête sur le mur au rythme de mes verbes.

Et les soupirs lourds de contentement, pendant que t'essuie le tout, le coeur prêt à sauter. Ce sera le plus beau sommeil. La tranche marquée de fines lignes d'usure. Les pages maculée de plaisir. Traces de nuits solitaires.

Mes mots comme douleur, comme remède. Mes mots comme amour, comme mort. À grand coup, à tout coup.
  
  

Lendemain

  
  
Qu'autour d'une table se retrouvent d'autres rêves. Que dans la pénombre l'on décèle le mensonge. Le troisième invité. Et dans la ferveur des actes de défense se cache la force des vérités honteuses. Les entrées servies à la chandelle, avant-goût des coups à éviter. Nos ustensiles des cuillères trouées et des couteaux émoussés. On se met au lit avec la mort à tous les soirs et on ferme les yeux en se disant que demain, demain...

Mais demain, le lavabo est plein. Demain on gratte la cire de notre nappe préférée. On part une brasse avec beaucoup, beaucoup d'eau de javel.
  
  

Letdown, comme dans "va donc regarder la tévé"

  
  
On cessera l'éducation sexuelle au secondaire dès l'an prochain. Pendant ce temps on apprend que Montréal est la championne des MTS. Ça me sort pas de la tête cette histoire. L'une et l'autre. Ça fait trois semaines que j'ai lu ces deux headlines, et je semble être la seule personne qui s'en fait avec ça.

Fuck les études, les tables de concertations... On peut tu s'entendre que ça peut pas nuire? Est-ce qu'on peut se mettre d'accord sur le fait qu'une fille de 13 ans sexuellement active c'est wrong, mais que c'est une réalité, et que si elle veut voir un gynéco c'est probablement pas à sa mère qu'elle va demander?

"Maudite bonne affaire, c'est aux parents à enseigner ça à leurs jeunes!" Pardon?? Quand est-ce que vous êtes allés voir vos parents pour parler de votre première sodomie? Ou jaser lubrifiants? Je fais une bonne job avec mes ados, je m'enfle pas la tête avec ça, mais j'ai le sentiment qu'ils sont biens partis dans la vie tsé? Mais je suis pas assez naive pour m'imaginer qu'ils vont se confier à moi sur leur vie sexuelle. Je parle pas des conversations normales, la prévention, leur donner des outils, des informations discrètement, smooth. Mais y a des trucs, me semble, en tout cas, ça arrive jamais comme ça.

À une époque où les enfants sont élevés par la télé, où leur réseau social est plus vivant sur msn que dans la cour d'école, je m'inquiète, oh que si, je m'inquiète. On coupe dans les sports, dans les activités culturelles, communautaires. On s'est rendu compte qu'on les empoisonnait dans leurs cafétérias, on ne se soucie pas du fait que les rayons de leurs bibliothèques soient remplis de livre des records Guiness et de romans Frissons.

C'est pas une fin en soi, mais j'ai comme l'impression que c'est un letdown de plus à ajouter sur une longue liste. On laisse tomber nos enfants, une réforme à la fois.
  
  

Letdown, comme dans “va donc regarder la tévé”

  
  
On cessera l'éducation sexuelle au secondaire dès l'an prochain. Pendant ce temps on apprend que Montréal est la championne des MTS. Ça me sort pas de la tête cette histoire. L'une et l'autre. Ça fait trois semaines que j'ai lu ces deux headlines, et je semble être la seule personne qui s'en fait avec ça.

Fuck les études, les tables de concertations... On peut tu s'entendre que ça peut pas nuire? Est-ce qu'on peut se mettre d'accord sur le fait qu'une fille de 13 ans sexuellement active c'est wrong, mais que c'est une réalité, et que si elle veut voir un gynéco c'est probablement pas à sa mère qu'elle va demander?

"Maudite bonne affaire, c'est aux parents à enseigner ça à leurs jeunes!" Pardon?? Quand est-ce que vous êtes allés voir vos parents pour parler de votre première sodomie? Ou jaser lubrifiants? Je fais une bonne job avec mes ados, je m'enfle pas la tête avec ça, mais j'ai le sentiment qu'ils sont biens partis dans la vie tsé? Mais je suis pas assez naive pour m'imaginer qu'ils vont se confier à moi sur leur vie sexuelle. Je parle pas des conversations normales, la prévention, leur donner des outils, des informations discrètement, smooth. Mais y a des trucs, me semble, en tout cas, ça arrive jamais comme ça.

À une époque où les enfants sont élevés par la télé, où leur réseau social est plus vivant sur msn que dans la cour d'école, je m'inquiète, oh que si, je m'inquiète. On coupe dans les sports, dans les activités culturelles, communautaires. On s'est rendu compte qu'on les empoisonnait dans leurs cafétérias, on ne se soucie pas du fait que les rayons de leurs bibliothèques soient remplis de livre des records Guiness et de romans Frissons.

C'est pas une fin en soi, mais j'ai comme l'impression que c'est un letdown de plus à ajouter sur une longue liste. On laisse tomber nos enfants, une réforme à la fois.
  
  

Notes

  
  
"Je n'ai plus que... ce n'est plus que de la musique, tu vois? Comme un courant continu, pas de chute, que le mouvement, que le son. Et quand mes doigts saignent, que les frets se fusionnent c'est comme le lever du soleil. Une autre journée arrivera sans que je l'attende, mais elle sera la bienvenue. La naissance de mes enfants, la mort de mon père, la maladie de ma soeur, des concertos enflés. Point d'orgue au dernier soupir comme au premier. Et la tempête des instruments qui fait se renverser mes abris."

Le silence n'était qu'applaudissements. Lueurs sur son visage, dansantes entre ses sourcils froncés. Et je me promet de lui offrir autant, même si ce ne sera jamais en si peu de mots. Quand je me penche au dessus de la table pour effleurer son visage de mes doigts, l'odeur du vin oublié dans ma coupe me rappelle que nous sommes assis depuis des jours. Des jours à écouter ses symphonies.

Shuffle.

Et une autre minute passe, la cire fond, le feu s'éteint.
  
  

Channeling O'Brien

  
  
From gerenser.com: "Probably the most interesting thing about O'Brien is that we have only Winston's opinion of him. This burly but sophisticated leader of the Inner Party is supposed to be the head of the secret Brotherhood dedicated to the overthrow of Big Brother... Another very interesting thing about O'Brien is that the reader doesn't precisely know if he is a friend or an enemy of Winston. He is almost a kind of father for Winston. Before Winston's capture, O'Brien "helps" Winston to make contact with the Brotherhood, and he teaches him about the Ideology and the rules of this secret Organization..."

Who exactly is this man?



A friend?

A true libertarian?

A shady character?

An evil visionary?

Our father?
  
  

Channeling O’Brien

  
  
From gerenser.com: "Probably the most interesting thing about O'Brien is that we have only Winston's opinion of him. This burly but sophisticated leader of the Inner Party is supposed to be the head of the secret Brotherhood dedicated to the overthrow of Big Brother... Another very interesting thing about O'Brien is that the reader doesn't precisely know if he is a friend or an enemy of Winston. He is almost a kind of father for Winston. Before Winston's capture, O'Brien "helps" Winston to make contact with the Brotherhood, and he teaches him about the Ideology and the rules of this secret Organization..."

Who exactly is this man?



A friend?

A true libertarian?

A shady character?

An evil visionary?

Our father?
  
  

In Oceania

  
  
"What was more important was that sexual privation induced hysteria, which was desirable because it could be transformed into war fever and leader worship."

Mes amours sont rentrés au bercail. Tout à sa place. Rien ne dépasse. Bliss in perfection.

"So long as they were actually in this room, they both felt, no harm could come to them."

Je me suis noyée dans mes larmes, de peine et de plaisir. À peine remise voilà une autre vague qui enfin atteint mon rivage. Et de mes bras j'enlace leur océan, nourri, gonflé, chaud comme à seize heures quand tout le monde part pour la sieste avant le buffet. Mais moi je reste derrière...

"Who controls the past controls the future. Who controls the present controls the past."

Alors donc, j'ai recouvré mon amour, mes enfants et je me perd dans les dédales de Dreamweaver. Si au moins c'était juste la toune.

"War is Peace! Freedom is Slavery! Ignorance is Strength!"

  • All quotes from Orwell's 1984

  
  

FF

  
  
On est passés de la pause au fastforward.

Une chance que j'ai recommencé le gym.

Excusez mon silence, j'ai la bouche pleine.
  
  

Changements saisonniers

  
  
Ça juste pris une phrase pour me rappeler que je suis bien vivante. Même le geste de me procurer de la bouffe, même enlever le pied et demi de glace, grésil et neige sur mon auto, même les conversations incertaines, même les courriels remplis d'affirmations, de questions, de conditions, même ma teinture plus ou moins réussie n'auront eu l'effet provoqué par mon caissier préféré du IGA.

-Vous avez votre carte airmiles?

Crisse oui. Airmiles, pétropoints, hbc, optimum, toutes les couleurs toutes les sortes allez prennez ceci est mon identité.

Running with scissors n'a pas eu de très bonnes critiques. On a dit que les situations étaient éxagérées, sensationnalistes. Ils ont jamais vécu avec quelqu'un sur les pilules. Même la coupe de cheveux d'Annette Bening. Ses yeux morts. Ses highs. Ses caresses trop fortes. C'en était badtrippant de vérité.

Un nouveau beat de garde. On passe d'une semaine sur deux à deux semaines sur quatre. C'est long deux semaines sans eux. Mais c'est court une semaine avec. Ils sont un peu épuisés de vivre dans leurs valises. On a beau avoir un peu de tout en double, ils ont toujours un sac ou deux à charrier. C'est des ados, pas des tout petits. En plus cela va nous permettre de faire des plans pour des weekends complets. Nous permettre leur père et moi de s'impliquer à plus long terme dans leur vie, dans leurs travaux d'école. Overall, je suis très satisfaite de ce nouvel arrangement. En théorie. J'entamme ma deuxième semaine sans eux et ils me manquent déjà.

L'amour est en pause. On ne sait plus trop, on ne voit plus grand chose en avant, alors que notre regard s'attarde derrière. Comme dans la tempête. Inévitable. Comme les accalmies qui suivent. Et le paysage qui n'est plus tout à fait le même une fois l'intempérie passée. Quoique on sache toujours retrouver notre chemin. Reste à savoir si nous le rejoindrons en même temps, au même endroit.

On passe de l'hiver au printemps avec tout ce que ça comporte de changements.

Je vous en souhaite un beau, chaud et tout plein de chemins nouveaux à emprunter.
  
  

Des trinités éternelles

  
  
Il y avait Laurie, Linette et Louise. Louise était la plus jeune. Elle me gardait des fois. Une nuit, je devais avoir 6 ans, j'ai été réveillée par le bruit du téléphone. Le gros bip strident du téléphone laissé trop longtemps décroché. Je me suis levée et dirigée vers le bip. C'était dans la chambre de ma mère. Louise était endormie avec le téléphone tout près de son oreille. Gelée sur je sais pas quelles pillules. J'ai racroché et suis retournée me coucher. Laurie était la sorcière, tout pleine de foulards et de grosses bagues weirds, et Linette l'amoureuse finie. Toutes trois soeurs, amies, ennemies, rivales. Et incrustées dans ma vie grâce à l'amitié complètement disfonctionnelle qui les unissaient elles et ma mère. Louise est morte très jeune. 19 ans je crois. Noyée dans son bain, chez son chum Dick, la quarantaine entammée, qui servait aussi de docteurs aux filles. Elle devait être très malade ce soir là, et il l'a trop bien soignée. Laurie est morte aussi, plus tard, son coeur a décidé que c'en était assez. Je ne sais pas ce qui est advenu de Linette. Elle et Laurie aimaient jouer des head games avec ma mère. Une fois je m'étais réfugiée dans la dépense chez Laurie, les deux criant des insultes à ma mère au téléphone, la menaçant de me garder, qu'elle n'était pas capable de s'occuper de moi, qu'elles ne me laisserait pas retourner chez moi. J'ai aucune idée pourquoi j'étais là, ni comment ça c'est terminé. Ça sentait les feuilles d'érables dans la dépense. Et j'entendais les deux rire tout bas. J'avais reçu un pendantif pour ma fête de la part de ma marraine, un éléphant en or avec des petits rubis pour les yeux. Un jour, il a disparu, et je savais que c'était Laurie qui me l'avait volé. Mais j'ai rien dit. Quand j'ai eu ma fille, sa belle-soeur est venue me voir et m'a donné une petite boite à bijou en vitrail. Elle m'a dit, je sais que ça fait longtemp que tu voulais ça. Et c'était l'éléphant. Laurie était déjà morte depuis des années, et elle l'avait récupéré dans son appart, et l'avait gardé tout ce temps là.

Mon enfance est un jardin de mutants, de produits étranges et épeurants. Des fées enceintes garot au bras, des morts angéliques, des petits pas dans les salons zonés toxiques. Des grands qui m'appelaient chérie, et ma mère belle-maman. Des soupers de fonds de conserves et des fuites norcturnes urgentes.

Y a rien de lyrique là dedans. Rien de poétique. Je cherche vraisemblablement une cause à mes peurs, mes control issues. Et d'une certaine façon, je ne déteste pas repenser à cette époque. C'est une partie de moi, un des engrenages de ma mécanique. Je ne fais pas tout pour oublier, encore moins nier. Je ne m'en sers pas pour faire pitié, ni pour justifier mes erreurs de jugement ou mon caractère de marde. J'ai pas de leçon à tirer de tout ça.

C'était assez évident qu'ils mourraient tous.

Un soir, j'avais 8 ans, je mettais la musique. En fait, je mettais la musique pas mal tout le temps. Et en prennant King Crimson dans mes mains, j'ai comme senti un shift dans l'air... C'était un petit party, 6-7 personnes max, du vin, du hash, chill. J'ai ignoré le feeling le temps de mettre le disque. Griche, griche... The rusted chains of prison moons, are shattered by the sun... Et je me suis retournée, et tout le monde était en train de s'embrasser sur le sofa sectionnel vert bouteille de Nicole. Je me suis levée et je suis allée dans la cuisine me faire un verre de lait.
  
  

Classic Rot

  
  
S'pas façile, pas pleurer en écoutant Racing in the streets

Qui sort des speakers de mon système de son Denon acheté hier

En mangeant un demi litre de Cherry Garcia

Après avoir jasé avec ma tante qui aura 92 ans en mai

Qui me parle toujours de ma mère

Après avoir forcé pendant deux jours à monter un buffet pour ma salle à manger

Je sens la lotion pour le corps au citron et à la lavande

Qui venait dans un emballage magique

J'ai une grosse bouchée pognée dans la gorge

Retail therapy does not always work
  
  

The ground covered

  
  
C'était le dernier froid. La dernière journée trop emmitouflée. Je laisse les couches tomber, éparses, je les laisse me quitter sans un mot, sans un bruit. Je peux imaginer que l'air soulevé lancerait un cri s'il le pouvait. Que de tremblements dans l'atterissage forcé d'une cape en mal d'héro. Ou d'héroine.

Il y aura, puisque le passé ne conjugue plus mes matins, il y aura.

Non je ne me tais pas.

I just need to have some fun, remember? That's what you said.

There was a little fuck you in my step, there was a little fuck you in my grin.

And it all made sad sense.

How weight can be worn in so many different ways.

Layers upon layers, the ground covered and still I walk, because that's all I am built to do.

Fuck baby steps. I'm walking in strides.

I'm walking, I'm walking, I'm back.