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A.M.

Ce sera ce sera ce sera. Tout peut être. Et les mots les idées se bousculent, parce que j'arrive pas à me convaincre de rien. Ce dimanche, comme tous les autres, aura été pénible. Et de plus en plus je me rapproche de cette blessure que je m'applique depuis des mois à ignorer. Des mois, des années. La première chose qui me soit passée par la tête quand je l'ai vu pour la première fois, c'est "c'est l'homme de ma vie". Et la perte de ce rêve, la constatation que c'était juste ça, que ça c'est juste éteint avec le temps, la vie, l'argent, les jobs, les enfants. Bien sûr qu'il me manque. Bien sûr que ça me fait chier de savoir qu'il y en a une autre qui se promène en bobettes dans la cuisine que j'ai dessinée, qui met ses fesses sur le sofa où tant de moments ont vécus, qui couche dans le même lit qu'on arrivait plus à partager depuis si longtemps. Bien sûr. Que son sourire n'a pas changé, qu'il boit moins, que ça sent toujours bon quand je vais reconduire les enfants à l'heure du souper, qu'on rit encore des mêmes choses, qu'on a pas toujours à compléter nos phrases pour se comprendre.

Mais. Bien sûr que je n'ai pas oublié les nuits blanches, les caresses refusées, la solitude, les corridors tordus pour se rendre à son coeur. Où je me suis perdue. Je ne veux pas revenir en arrière, je n'ai même pas à le répéter pour m'en convaincre. Au contraire, tout ce que je veux c'est avancer. Mais y a ce passé qui me tire par la manche. Que me chiâle après. Qui me dit, hey la grande, t'oublie quelque chose là. Ma relation, ma famille, me définissait. Je ne veux pas redevenir qui j'étais, je ne savais pas qui j'étais. Pas plus qu'aujourd'hui d'ailleurs. Je ne suis encore qu'une survivante affamée.

Je n'en peux plus de vivre de souvenirs. Je me fait taper sur la gueule continuellement. Oublie pas ça, oublie pas d'où tu viens. Oublie pas ça, oublie pas ce que t'as vécu. Mais y a personne qui me force, c'est ce qui est dur à prendre. Je sais que c'est moi qui se joue le foutu film en boucle. J'ai rien ni personne à blâmer. La vie ne me force pas à retourner en arrière, au contraire, elle me pousse dans le derrière et je suis sans cesse tiraillée entre avancer, staller, reculer.

J'imagine qu'il me reste encore beaucoup de colère, de peine, d'incompréhension à dealer avec. Je tâte dans le tas, pour trouver un début.

Comments

Enrique said…
I got your back… Move in !
swan_pr said…
ah merci :) (c'est le noir aussi, le noir!)
Manon said…
C'est beau une "survivante affamée".

:)...J'aime toujours te lire belle Swan!!
Harry Steed said…
Juste envie de vous faire une bise en passant...
Il y aurait tant à dire,
Mais je sens que je le ferai en fonction de ma propre expérience,
Alors que la votre est unique,
Et vous seule avait la clef de demain.

Harry Steed
Basduck said…
Ah, je suis content de voir que tu t'entends bien avec ton ex. Moi, mes parents, s'entendent so so. L'autre jour, au tribunal, ils étaient ensemble. C'était cool à voir. Ils s'entendaient bien mais ma mère avait vraiment l'air de rien vouloir savoir. En tout cas. Ça me fait du bien de voir que ça va bien ailleurs que chez nous ;-). C'est une sorte de promesse d'avenir. Si je comprends ce que tu dis (comme c'est le cas dans un roman, par exemple), ça me permet de comprendre un peu plus ma vie. De cette façon-là, je pourrais apprendre des choses à mes parents et les aider à faire le deuil de leur couple. Deuil qu'ils ont mal fait, j'imagine, pour rester froid. Mais, dans le fond, je ne sais pas ce que c'est qu'un deuil.