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Showing posts from February, 2009

  
  
Ma cocotte de 16 ans est en France, à Guérande, à se taper un trip d'échange culturel débile qui me coûte la peau des fesses. Mais c'est sans jamais douter une seconde que son père et moi avons donné notre accord. Juste, tsé, des beurrées de beurre de pinottes pendant un tit bout. Enfin, moi. Pas lui. Lui part avec notre fils pour Cuba demain.

Pendant que tout le monde se tape des cassoulets et des fucking mojitos, moi je bosse. Je roule à 100 à l'heure. Je frappe des murs, c'est inévitable. Des plus durs que ce à quoi je m'attendais. Je n'ai pas toujours la force, je ne prend pas toujours les bonnes décisions. Je ne sais pas toujours où j'm'en vas.

Je dois déménager le 1er juillet. Dormir dans le salon 2 semaines sur 4, j'en ai plein le cul. J'ai pas d'intimité, pas d'espace personnel. Le sofa lit n'est plus utilisable, je dois dormir direct sur le sofa, les jambes un peu pliées, et mon dos me rappelle à chaque matin que vraiment, il est temps de partir d'ici. Mais ça m'angoisse. Chercher, appeler, visiter, signer des papiers, tout ça me donne la nausée. Je dois prendre rendez-vous à la banque pour régler des trucs et ça m'angoisse aussi. Les responsabilités que j'avais si innocemment déléguées à mon ex semblent me péter dans la face une après l'autre, comme pour me narguer. Pour me dire que finalement, comme je l'ai toujours pensé, je suis une bonne à rien. Parle fort, joue fort, travaille fort, mais tout ça pour cacher mon inaptitude profonde à me conformer à la vie adulte responsable et droite que je devrais mener.

J'ai pas envie d'un sugar daddy, pas envie de remettre ma vie entre les mains d'un autre homme. Je veux juste plus avoir à dealer avec tout ça. Les comptes, les assurances, les obligations, le loyer, le souper, la vaisselle, le ménage, la marde 24 heures sur 24 sans fin. Me couche le soir brûlée, me lève aussi fatiguée que la veille pourquoi? Pour en faire une autre, exactement pareil. Et tout mon environnement me tire le jus, et des fois, j'ai juste envie de m'assoir et de regarder tout ça s'éffondrer, en rire, pis crisser mon camp.

Je ne suis pas spéciale, ni plus à plaindre qu'une autre. Mais que ce soit ça la vie, c'est ce qui m'écoeure le plus. De ne pas avoir d'alternative, de toujours DEVOIR. C'est pour eux que je fais ça, pour mes deux amours. Jamais je ne pourrais continuer si ce n'était pas pour eux. J'aimerais juste des fois un petit break. Le droit de disparaître, le droit de me reposer, le droit de m'appitoyer, le droit de ne pas devoir.
  
  

The well for dummies

  
  
C’est surement qu’on se dit que c’est mieux que rien. Qu’on vaut juste ça, et pas plus. Parce que dans des moments comme ça, on se dit, comment mesurer notre valeur autrement qu’avec le regard des autres? Le regard, les égards. Le respect qu’il faut gagner à chaque jour, sans quoi, arriver avec un déficit face au jour nous met devant une côte d’autant plus insurmontable qu’on n’était même pas supposé sortir de la maison cette journée là. La tête entre les mains, les papiers épars, la lumière du répondeur qui clignote, les courriels sans réponses, les courriels, les courriels, l

Et puis après trois Robax Platine plus rien nous importe. Ou le curieux mélange orange framboise rhum. La migraine du matin partie. L’air bête des 20 personnes à qui on a souri tenu la porte retenu l’ascenseur dit merci salutbonjourpardonexcusez-moidésolée

Invisible parce qu’ignorée, même pas juste ordinaire. C’est peut-être la mèche de cheveux blancs les 15 ans de plus les 30 livres de plus les rides de plus. Avec tous ces plus comment ne pas être assez? Comment autant d’amour ne pourrait pas soulager, réconforter, guérir, ressusciter? Comment tout ce qui sort de ces yeux, en direct des explosions atomiques enclenchées par le parfum de ta peau ne pourrait pas convaincre que tout est possible, tout est bien, tout est bon dans ce regard je voudrais y vivre et mourir et me faire aimer comme ça sans jamais que ça s’arrête c’est ça la vie éternelle.

Il y a un puits et on y puise sans cesse. Je n'ai pas peur qu'il se vide. J'ai peur qu'il n'y ait pas de fond.