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Showing posts from 2010

You do it to your self

  
  
Moi je me jouerais ce clip à l'envers. Z'aimeriez pas ça avoir ce pouvoir?

Je te chuchote la grande vérité qui te fait bondir sur tes pieds, te fait oublier les cauchemars aux yeux ouverts que tu te passes en boucle.

Je te chuchote que tout est possible. T'as qu'a te réveiller. T'as qu'à te lever.

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=-7L3jIpBAHg&fs=1&hl=en_US&rel=0]
  
  

Comment tuer l'écriture en moins de 24 heures

  
  
Facile (et ça peut même se répéter quotidiennement).

Tu rentres au bureau à 8 heures avec deux jours de travail en retard parce que formation. Avant le diner tu dois aussi remettre la liste de tes objectifs personnels en vue de ton évaluation annuelle qui aura lieu d'ici vendredi.

Au lunch tu te garoche sur Ste-Cath pour acheter le cadeau d'anniversaire de ta fille qui est aujourd'hui majeure, cadeau que tu n'arrives pas à trouver nulle part ailleurs. Après avoir attendu 30 minutes en ligne pour la caisse tu te fais dire que le fameux truc, c'est pas en DVD mais en câlisse de tabarnak de Blu-Ray.

Retour au bureau, on te sollicite pour participer à l'organisation du souper d'équipe pour nouelle. Session de brainstorm vraiment, mais VRAIMENT désintéressé dans le cadre de porte de ta boss pendant que le téléphone sonne à ton bureau, où tu y retrouves 4 messages urgents.

Entre les retours d'appels et les billets de support, tu trouves cinq minutes pour appeler à nouveau en désespoir de cause à un magasin qui n'avait pas le fameux cadeau en stock la semaine passée. Ils l'ont reçu! Joie! Tu le réserves.

16 heures. La journée est finie, direction le gym. Parce que tsé, à trois semaines de tes 40 ans, tu réalises que ça tiendra pas toujours tout seul tout ça.

18 heures, dans le char direction le magasin en question, achat du cadeau et d'un beau sac cadeau en papier 100% recyclé biologiquement et équitablement à 10$, qui rendu à la maison te pète dans les mains quand tu y insères l'osti de cadeau. Sors le tape, mets du beau papier de soie qui matche.

19 heures. Tu mets la minoune dans sa cage, direction le vétérinaire. Après 2 heures de consultations, remplissage de paperasse et d'émotions, la minoune passera sous le bistouri pour la modique somme de 400$.

21 heures. Assise dans le char tu appelles l'amoureux pour lui signifier que t'es encore en vie et prendre de ses nouvelles. Tu appelles aussi à la maison, et permets à ta grande d'ouvrir son cadeau en ton absence, puisqu'elle attend impatiemment depuis longtemps et qu'elle sais déjà c'est quoi.

21 heures 30. T'arrives à la maison avec de la marde de clown, un mal de tête, un porte-feuille vide (le cadeau était pas donné non plus) et des ados qui ont besoin de te raconter leur journée. Tu écoutes, bien évidemment, en mangeant ton sandwich pas bon, rendu froid anyway.

22 heures 30. Tu t'assis devant l'ordi pis tu te demandes comment ça se fait que t'écris rien de ce temps-ci.
  
  

Trop

  
  
Quand j'y habitais, on me disais, "Pouha! Pas moi!"
Trop d'BS
Trop d'robineux
Trop d'drogués
Trop d'meurtres
Trop d'enlèvements
Trop d'granos
Trop d'fifs
Trop d'nègs
Trop d'franças...

Pendant des années, depuis mon départ, tout ce que j'ai rêvé c'est d'y revenir. Plus maintenant. Elle ne me manque plus. Mon stint quotidien au boulot et les sorties occasionnelles me suffisent amplement.

Je me suis enfargée dans un nid d'poule géant, distraite par... tout, en marchant devant les Habitations Jeanne-Mance. De St-Laurent à St-Hubert, entre Ste-Catherine et de Maisonneuve ma marche m'a coûté 8 piasses de p'tit change et un demi paquet de cigarette. Je ne regardais pas par terre, je rencontrais des yeux.
Trop de misère
Trop d'errance
Trop de laideur
Trop d'arrogance
Trop de mépris
Trop d'absence (de langue, d'amour, de sourires, de mains tendues)
Trop de beaux garçons
Trop de belles filles (plus belles, plus minces, plus riches, plus jeunes, plus souriantes, plus heureuses)
Trop de show
Trop d'argent gaspillé
Trop d'ignorance
Trop de nombrils

Montréal est trop pleine. Il n'y a plus de place pour moi ici. Et c'est bien ainsi.
  
  

Fin de saison

  
  
Aussi simple que ça. Comme je le mentionnais à Doodle en commentaire, c'est la coupure entre la vie et l'évasion. Plus de porte de sortie, plus d'échappatoire, la vie m'attend de pied ferme. Cet été j'ai appris à vraiment aimer faire de la voile, à affronter, mais me soumettre à, la force des éléments. Des vents de 50 noeuds même une fois! Des vagues, partout partout. En dedans et en dehors.

Si vous me permettez, je vais rester à bord encore un peu.





  
  

Il y avait même un livre dont on s'arrachait les exemplaires

  
  
Passé la journée les deux pieds bien ancrés dans la réalité, cours de violoncelle de l'une, game de cosom de l'autre, fête chez la belle-famille, des courses entre tout ça. Tsé? Klow klow klow, toute la journée. Ça rentrait tight. Mon objectif à atteindre étant d'être présente au lancement. Tout court. Pas à temps, pas en avance, pas trop en retard. Juste, d'y être.

Je ne cours pas les trucs du genre.  La faune qui les fréquente m'effraie autant qu'elle me rebute. Mais là, c'était pas pareil. Me v'la, fuck it.

Je cherche les mots pour en parler depuis. Vous avez été quelques uns à le faire déjà. Et puis je me dit, qu'est-ce que je pourrais ajouter anyway? On s'est tout dit, en mots et en étreintes. Mais cette soirée-là mérite mon effort, mérite encore plus de mots, si ce n'est que pour ne pas l'oublier. Non c'est pas ça. C'est pour vous dire merci.

Merci à Sandra et ses lumières dans les yeux et sa tendre sincérité qui m'a touchée. D'une douceur... Merci de m'avoir invitée, merci de tes mots dits et écrits. Tous étaient aux petits soins pour toi. Ne doute jamais de leur amour. Il est fort, et te rend d'autant plus belle.

Tout autour gravitait les astres dont les scintillements m'inspirent et m'attirent depuis longtemps déjà. J'étais dans l'orbite magique de la tribu.

Christian, chaleureux, dont le sourire a atteint sa courbe maximale à l'arrivée d'Emcée, toute belle et tranquille. L'amour que tu portes à tes amis, dans tes yeux, c'était vraiment beau. J'ai été heureuse de te faire l'accolade et d'être accueillie si gentiment.

Helena Blue! Blue, my my, ce que tu sentais bon! Et si belle. Aussi belle que tes mots! Merci pour ton sourire, ta simplicité, ta douceur.

Stéphane. Osti. J'ai beaucoup parlé, mais j'ai entendu. J'aurais gagné à me la fermer et plus écouter sans aucun doute. Dans ce que j'ai dit par contre, tout était vrai. Ce fut un réel plaisir d'enfin te rencontrer.

J'ai parlé beaucoup. Parlé trop, trop fort, trop vite. Dis n'importe quoi. Et puis Frédéric m'a dit "Arrête donc de t'excuser, d'être aussi angoissée. On ne te jugera pas!" Faque, merci Frédéric, parce que franchement ça aurait pu être un souvenir gênant à la place d'une belle soirée.

Nancy, damn, ton sourire m'a donné envie d'être ton amie pour la vie. J'avais l'impression de te bousculer avec mes gros sabots de névrosée, et en même temps je voulais rester tout près, où c'était rempli de toi, de ton calme et ta gentillesse. Et de scotch...

J'aurai trouvé un comparse pour chialer, sacrer, se plaindre de tout et de rien sans conséquence en Guillaume, crissement pétillant et juste trop sympathique. Merci d'avoir été toi, franchement, on est fait pour s'entendre. Et non, t'es pas normal. Autrement tu ne serais pas Gomeux and who wants that?

À tous ceux avec qui j'ai eu le plaisir d'échanger, après qui j'ai un peu crié par la tête, envers qui j'ai peut-être manqué de délicatesse ou écrasé le pied par inadvertance en allant fumer une énième cigarette, je vous dis merci aussi. Samuel, Yvan, Venise, Flash Gordon entre autres. Et un qui n'y était pas, à sa santé nous avons bu...

Et comme je termine ce billet, je vois que Christian a mis en ligne un montage photo de la soirée. Il y avait une ambiance magique samedi soir. Un lancement de fils d'argent vers le ciel emboucané de la St-Denis, où certains s'entremêlaient pour la première fois, d'autres depuis toujours. Une nuit précieuse dont le souvenir fragile s'est tissé un nid près de mon coeur. C'est émue et reconnaissante que je vous dit merci encore à vous tous.
  
  

Sens figuré

  
  
Écrit comme ça, c'est presque cute. De vive voix, ça se complique.

Avec un sourire en coin, ou le plus sérieusement du monde, ça reste incomplet. Il t'en manque des bouts. T'as pas tout saisi.

J'aime me faire acroire que je suis comme cette toile au mur, que tu découvres à chaque regard. Mais qui dans son ensemble t'échappe parce que trop pleine de tout ce que tu ne comprendras jamais.

Ça me peine parfois. C'est pas que je m'y applique. Y a pas de secret, pas de code mystérieux. Tout est sous vos yeux.

Mais peu importe tout ça. Ça fini toujours pareil.

Ils me disent tous "t'es une drôle de fille".
  
  

Rosée en chair et en os

  
  
Si c'est pas magique! Si c'est pas beau! Comme si c'était assez, comme si chaque seconde se scindait et pesait le même poids dans la balance. J'ai pourtant appris que les heures, les jours, les semaines, ça peut venir tout dans un pain. Un gros moton d'étoiles ou de nuages. Mais les gouttes elles, ahhh, les gouttes! Une seule porte la couleur du jour, les reflets de la nuit et le poids du temps qui la fait s'accélérer.

Le temps. En manquer, en avoir trop, ne pas le voir passer, le regarder s'étirer. Ça goûte quelque chose de différent chaque fois. Et je bois, je bois toujours, je m'abreuve des quelques gouttes tombées, salées par le jour, par la nuit. Tant que j'aurai soif. Et puis un jour je laisserai les gouttes m'échapper, se coller ensemble et filer dans leur lit. Tsé, des fois, t'as juste plus envie de boire.

  
  
  
  
J'oublie toujours. À chaque fois je réalise que j'ai déjà oublié comment c'était facile et comment ce ne l'est plus.

Le plus difficile a accepter c'est sans doute la résignation. Le plus dur a prendre c'est sans doute l'appréhension du malaise qui à coup sûr me paralyse du moment que je mets le pied en lieu connu.
  
  

Faire des plans

  
  

  
  

Promenade entre deux pavillons

  
  
On oublie peut-être les espoirs et les rêves qui ont fait s’ériger ces édifices. Le cynisme presqu’obligatoire qui nous anime et qui module maintenant nos réflexions et opinions nous ont fait perdre de vue ce qui est beau et puissant dans ces institutions souvent vues, pas nécessairement à tord, comme des bureaucraties hébergeant fonctionnaires et party animals expérimentés.

Le discours débilitant, le mépris envers l’intellectuel et le savoir acquis, pourriture des idées sous l’ingérence de la classe politique et surtout des entreprises qui commanditent ce fabuleux nouveau pavillon Machin Truc Inc. La condescendance un art qui se transmet d’un dirigeant à l’autre, qu’ils s’empressent de nous servir sous des discours prônant les valeurs familiales et l’entrepreneurship québécois.

Pourtant comment peut-on vraiment être blasés devant l’influence que l’université a déjà eue sur les sociétés et les mouvements politiques passés. Depuis ma visite à Concordia, j’avais déjà ressenti cette beauté, les relents des efforts, les échos du savoir transmis et le flot des réflexions poussées, ici sur un banc, seul, là dans l’agora, entre amis. Le monde est toujours à refaire, à réinventer. Et c’est ce qui fut.

Aucune envie de dérision, aucun second degré en regardant les étudiants déambuler. Je me dis que la beauté de leurs idéaux doit l’emporter sur nos propres préjugés d’adultes trop pris par la vie pour encore apprécier cette innocence. Comment cette noirceur des idées envers toute institution de savoir nous a-t-elle été inculquée?

Et pour en mettre un peu plus épais sur la vitre salie qui bloque notre vision, l’envie de la vie télévisée, advertisée, dorée, photoshoppée… On a beau se dire résistants, on a tous un iPad sur notre wishlist.

J’aimerais entretenir ces sentiments qui m’envahissent mais le ménage, le lavage, le loyer, tsé? Y a pas de verdure dans ce quotidien, pas d’agora pour les élaborer, pas de classe pour les construire, pas de professeur pour alimenter ce qui pourtant ne dort pas en moi. Une sieste, tout au plus.
  
  

Le cardio sans effort

  
  
À ne pas refaire: être trop paresseuse pour fermer la télé et subir Bons Baisers de France. Tabarnak que c'est NUL ce show-là.

J'ai une impression de déjà vu ouais. Stress de déménagement! Oui oui, après trois ans à dormir sur le divan à temps partiel (2 semaines sur 4) je déménage enfin dans un 5 et demi, donc, j'ai une CHAMBRE!

Cue Virginia Woolf. Oh well. Elle est toute petite, mais immense. Je me suis offert un set de salle à manger antique, le genre de meubles que tu gardes toute une vie, et qui porte ses propres cicatrices.

Comme les 25 000 choses que j'ai entreprises et terminées au cours de ma vie, je passerai au travers. Mais dans l'immédiat, tout ce qui me passe par la tête c'est: impending doom. J'ai rêvé l'autre soir que mon ancien boss me volait l'appart, sachant très bien que je n'avais nulle part à aller. Il avait offert full cash au proprio et il me regardait de la galerie avec son sourire de gros sale que j'ai toujours détesté.

Je ferai de cet endroit mon chez-moi, encore une fois. Nous y serons bien, nous y serons heureux. À temps partiel.

Ma grande fini son secondaire dans quelques jours... Good god. Je capote presque plus qu'elle.

Et quand la poussière retombera il y aura le Mille Sabords qui m'attend au quai. Ainsi que son capitaine.

J'ai hâte d'apprécier plutôt que de subir les vagues.
  
  

(à) peine perdue

  
  
Une destination voyage à éviter: l'ile Diego Garcia. Dont j'ai appris l'existence grâce à cette entrevue avec Noam Chomsky, suite à son "aventure" aux frontières d'Israël.

Le sang a coulé à Bangkok. Il coule toujours un peu partout.

BP et Barack qui nous bourrent. La vie qui meurt. La terre qui ne sera plus jamais la même à partir de maintenant.

Elle est d'ailleurs un ti peu en crisse et nous recrache un peu de sa rage en plein ciel dans le Nord.

On a perdu de vue nos frère de la perle des Antilles. Non. On a fermé les yeux sur nos frères.

Pendant qu'on se chicane et qu'on se pointe du doigt pour des 500$ partis dans les mauvaises poches, pour des contrats qui en plus de payer ces fantastiques steaks à La Queue de Cheval pour certains, mettent un peu de beurre sur la table des tout petits hommes bien loin en dessous de tout ça.

Pendant qu'on vit un mauvais flashback et qu'un illuminé prône la mort d'une femme au profit d'un orphelin pas encore né.

Pendant que ceux qui roulent à deux roues se font tuer parce qu'ils restent pas dans leur voie.

Pendant que ma vie s'accroche à la rambarde du dernier wagon et tente tant bien que mal de tenir bon.

On s'égare... Des perdus qui s'égarent c'est inquiétant.
  
  

Rien n'a changé

  
  
Me suis réveillée toute croche, en pleurant parce que quelqu'un était mort dans mon rêve. Je ne savais même plus qui au moment d'ouvrir les yeux, mais bon, j'étais en deuil. J'ai tenté de brasser le brouillard un peu histoire de bien commencer la journée, et puis me suis rappelé que c'est la fête des mères aujourd'hui. Et comme ça m'arrive encore, presque 10 ans plus tard, son absence m'a frappée de plein fouet.

Ça fait une heure que je tourne en rond, ménage, lavage, j'essaie de me changer les idées, pas moyens. Et j'ai relu ce post, écrit il y a deux ans. Pis câlisse, y a RIEN qui a changé. Je ne pourrais écrire quoique ce soit d'autre, parce que c'est encore comme ça que je me sens. Alors oui, je vous sers du réchauffé ce matin, mais honnêtement, je le fais plus pour moi. J'ai besoin de lui dire, encore.

Pour la valise




Comme à chaque année je t’ai souhaité bonne fête des mères, en visitant ton dernier domicile. Le garde-robe de l’entrée. Je le sais que tu m’as demandé d’aller t’éparpiller dans le ruisseau à Morin Heights. J’ai encore la map que tu m’as dessinée. Juste là, en bas de la côte, avec une flèche pour que je trouve ton sentier. Mais chaque fois que j’y pense je me dis, pas tout de suite, je ne suis pas prête. Parce que tu m’avais aussi dit, vas-y juste quand t’es prête.

Les enfants sont arrivés ce soir. Et en vidant la laveuse tantôt je me suis dit, bordel que ma vie a du sens quand ils sont avec moi. Et je pense à toi, à tout ce que je t’ai reproché, à tout ce que j’arrivais pas à te pardonner. Et c’est fou comment tout ça s’est fondu dans la toile de mes souvenirs. Parce que je sais à quel point j’étais importante pour toi. Je sais à quel point certains matins il n’y avait que moi qui te faisais te lever. Je sais aussi que la pilule de plus, la track de plus, celle qui t’aurais emportée, tu l’as jamais pris pour ça. Pour moi.

Et je me retrouve un samedi soir seule chez moi à manger une quiche, un peu de baguette avec du pâté et du chèvre. Je regarde par la fenêtre, c’est le silence. Tu es si présente, plus que tu ne l’as été depuis ta mort. Mes gestes, mes mains, mes rires, mes regards. Tout porte ta marque. Je suis où tu as été et j’ai parfois l’impression de vivre la vie que tu aurais aimé être capable de vivre. Et dans mes moments difficiles je vois tes traces de pas là devant. Je ne fais que bien choisir mes tournants, et malgré l’envie de suivre tes pas, parfois, tu vois, je dois prendre une autre direction.

Mais je sais, enfin je crois comprendre, que tu étais simplement mal armée pour cette vie-là. L’impression de ne jamais fitter, de ne jamais être à la hauteur. Et je pense qu’il est arrivé un moment donné où tu n’as plus voulu faire de choix guidés par la peur. Et c’est là que tu t’es perdue. Je l’ai pris ta main tendue tu sais. Plus souvent que tu ne le crois. Mais je ne t’en veux plus. Je regrette simplement de ne pas avoir eu la maturité de te pardonner de ton vivant.

Tu me manques plus aujourd’hui qu’à n’importe quel autre moment de ma vie. Il y a, il y aura toujours une pièce manquante dans ma vie. Je regrette de ne pas t’avoir dit plus souvent je t’aime. Je regrette de ne pas t’avoir serrée dans mes bras quand tu en avais le plus besoin. Je regrette, je regrette, je regrette. Ton parfum me manque, ta voix, nos délirs avec les mots. Tes caresses, quand tu me serrais dans tes bras et que tu me disais je t’aime. Ton riz espagnol, ton pain doré.

J’ai encore ta valise remplie de mes cartes et bricolages que je t’offrais. Mon préféré a toujours été le papillon en terre cuite. La peinture à l’eau est toute partie, il a une aile brisée. J’y rajoute cette lettre ce soir. Je sais que ça ne compensera jamais pour toutes ces années où t’as pas pu rien y mettre. Cette lettre ne sera jamais un souvenir pour toi. Mais j’espère tout de même qu’elle y trouvera sa place.

Bonne fête des mères Maman. Je t’aime.

  
  

Fri(ori)ture

  
  
On pourrait dire que c'est une renaissance. On pourrait. Mais c'est tellement moins que ça. Tellement moins que moi je dirais, c'est pas ça pantoute. J'pas morte, j'ai jamais mourru (mourru, mouru? me semble que deux r c'est mieux)!

Ce qui me scie, c'est les silences radio. Y a fuck all qui se passe en haut des fois. Je ne comprends pas. C'est fort probablement volontaire. Comme on sait que la frite qu'on s'enfonce dans la bouche va nous brûler la langue. Mais shit, elle est tellement belle, tellement appétissante. Alors on mord dedans. Et ça fait mal. C'est même pas bon. Ça valait pas la peine, et le reste du repas est scrap parce qu'asti que ça brûle.

L'analogie est déficiente peut-être? Pas tant que ça. Pas pour moi (ouais, bien sûr si je l'évoque c'est que j'y comprends de quoi, pfff). Ok, j'ai pas LU Debord. Mais je saisis. Le fond de la chose, c'est que je me brûle la langue pour pas goûter le repas. Souvent quand je réfléchi à mes bibittes, je me dis que de les connaître et de les comprendre c'est déjà un bon signe. Que je peux être une bonne fille si je m'y mets.

Mais de savoir que je m'impose la brûlure ne m'empêche pas de fuckin morrrrrdre dans la crisse de frite.

C'est lassant les analogies, en tout cas, dans le contexte là, on a compris?

Je tente une sorte de sevrage. Pas n'importe comment. Un sevrage des mes habitudes, de ma consommation. Les outils seront toujours là. Ma curiosité, je dois m'y faire, ne sera jamais satisfaite. Plus j'en sais, plus je veux en savoir. C'est pas la faute de Facebook, pas la faute de Twitter, pas la faute de mon reader. Je m'enlise dans une mer de merde en pleine connaissance de cause.

Je regarde la valeur que ces outils ont pour moi, ce qu'ils m'apportent, ce que je peux y contribuer aussi. Comme c'est là, j'ai atteint un mur. Je ne suis plus satisfaite de ce que j'en retire, et ce que j'y contribue ne vaut pas plus qu'un mièvre RT.

Arrêter d'écrire pendant près de deux ans n'a pas été un choix. Recommencer l'est. Me donner une chance d'apprécier ma tête, d'en prendre soin, de la nourrir en est presque pas un. Je ne me fais pas d'illusions. Il est simplement temps.
  
  

Les derniers grains de sable

  
  
On a pas qu'une chance mais on a pas tout notre temps. On a pas plus d'une vie à vivre. Et chaque minute passée l'est à jamais.

"Make it mean something"
"Mean what?"


Est-ce que chaque instant est maintenant condamné à l'excellence? Sommes-nous à ce point préoccupés par notre accomplissement en tant qu'être humain que la certitude et la droiture n'ont d'égal que la flamboyance d'une décision douteuse mais courageuse? Combien de temps peut-on surfer la vague sans jamais, jamais plonger?
  
  

Quand printemps rime avec froid, neige, feuilles mortes et fatigue

  
  
Dans le train en direction de mon nervous breakdown (bi? tri?) annuel, j'ai trouvé le moyen d'augmenter mon coefficient de stress et d'insatisfaction en me lançant à la course au template parfait. Après de longues soirées à fouiller le web je me suis enfin faite à l'idée que je ne trouverai jamais. J'opte donc pour ce qui aurait dû être ma première idée la simplicité et me débarrasse ainsi de toutes considérations esthétiques et ergonomiques.

Les prochains arrêts se définissent au fur et à mesure que ce qui doit être fait est fait. Les prochaines semaines sont un capharnaum de "faut faire", "doit être organisé", "semble mal parti". Malgré tout j'entrevois l'avenir avec optimisme. La catastrophe éminente ne se produira pas, j'en fait le serment.

"Mets tes culottes ma grande, tu vas y arriver"
  
  

On a jamais trop de Lennon dans notre vie

  
  
Je ne pourrai jamais, jamais, jamais fitter. Et c'est un sentiment de soulagement qui m'envahit tout d'un coup. Pas que j'essaie, ça fait longtemps que je sais tout ça. Mais le savoir et l'accepter c'est bien. D'en être heureuse c'est mieux!

Ah j'ai un petit message à passer. Tsé les belles filles qui se disent malheureuses à cause de leur beauté car elles ressentent le mépris des autres (lire: des laids)?

Regarde, c'est pas compliqué. Quand tu vas arrêter de ME regarder avec mépris ou quand tu daigneras me remercier quand je te tiens la porte ou retarde l'ascenseur pour toi pendant que tu t'en viens tranquillement en jasant au cell en buvant ton gallon de café, pis que tu entres dans la cage en m'ignorant soigneusement, ouais, peut-être là j'aurais moins envie de te faire une jambette et de te piler dessus en retournant à mon bureau.

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=Xr6RX8h3Yh4&hl=fr_FR&fs=1&rel=0]
  
  

C'est pas fini tsé

  
  
Depuis environ deux ans que l'écriture m'échappe. J'en suis en grande partie responsable, bien sûr. Mais bon, on sait tous comment c'est quand on est le moindrement heureux... Ça rend le blog mou comme on m'a déjà dit. Et puis la nouvelle vie qui a pris le dessus. Les vagues. Les grands (et moins grands) changements.

Mon identité sur le web a évolué aussi. Enfin. Je dirais plutôt que mes identités se sont fusionnées. Et malgré le fait que l'écriture créative m'ait glissé d'entre les doigts, le besoin de m'exprimer n'en n'est pas moins fort. Je suis donc ailleurs tout aussi active, sinon plus, que je l'ai été ici au début de ce blog.

J'ai exploré plusieurs autres territoires, mais je reviens toujours ici. J'ai débattu longtemps à savoir si dans le fond je ne m'accrochais pas à une parcelle de ma vie qui a été si déterminante, si importante. Mais je suis passée outre la nostalgie. C'est pas ça. Ici, c'est chez moi. Et j'ai la chance de pouvoir m'exprimer au-delà du 140 caractères. Si je trippe autant sur Twitter il n'empêche que je me sens souvent à court d'espace pour élaborer et aller au bout de ce que j'ai à dire.

Je n'ai pas changé tant que ça finalement. J'ai toujours une aussi grande gueule. Mais passer mes idées par des liens et des RT, c'est pas satisfaisant. En tout cas, ce ne l'est plus.

Je me suis souvent mis de la pression, à chaque fois que je considérais un retour ici c'était en me disant "je dois écrire". C'est de la marde bien entendu. Je ne dois pas écrire parce que c'est An Unexamined Life. Je dois écrire parce que j'en ai envie, parce que c'est ici, sur aspinelesslaugh.com que je veux le faire.

Donc. Je dois paufiner le template c'est clair. Je dois décider du sort d'une partie du contenu du site et de sa gestion. Mais ce que j'ai déjà décidé, c'est de me réapproprier mon espace, de reprendre les commandes du vaisseau qui m'a porté jusqu'ici aujourd'hui.