Skip to main content

Posts

Showing posts from 2018

Il y a de ces conversations...

  
  
Celles qui te disent qu'il n'en reste plus que quelques unes après celle-là. Celles que tu ne veux pas avoir, même pendant qu'elles se déroulent. Celles qui laissent entendre que les prochaines seront encore plus brèves. Celles qui te font délirer d'espoir que t'as mal compris, que le sous-texte n'était pas SI clair que ça. Celles qui te mettent la réalité tellement proche du nez que tu vois double. J'aurais aimé ne jamais avoir cette conversation aujourd'hui. J'aurais continué ma vie comme hier, quand je ne me posais plus de questions. J'aurais continué ma vie comme hier, quand je rêvais à aujourd'hui comme une autre journée sans conversation comme celle-là. Nos jours sont sans doute comptés. J'aurais aimé ne jamais avoir cette conversation aujourd'hui. J'aurais continué ma vie comme hier.
  
  

Est-ce que j'ai oublié?

  
  
Je me rappelle de plusieurs événements, des touchers non sollicités, des baisers à contre-coeur. Et même, à quelques reprises, de baiser juste pour me débarrasser du mec. J'ai décidé d'enterrer tout ça et d'avancer. Mais il y en a quelques uns qui refusent de faire moins de bruit dont cette fois où ma grand-mère a surpris le voisin en train de m'enduire le "dos" de crème solaire, comme si mon dos était mes seins. J'avais huit ans. Où cette fois où un gars, une vague connaissance, m'a suivi jusqu'à chez moi et m'a gossé jusqu'à ce que je flanche et le laisse entrer. Et me violer. Parce que dans le fond, c'est bien ça. Parce que dans le fond, j'ai jamais accepté de coucher avec lui. J'ai même tenté de signaler au chauffeur d'autobus que j'étais en danger, mais sans succès. J'avais 17 ans.

Je regarde ce qui se passe avec Brett Kavanaugh et j'ai des frissons à tous les jours. Ces femmes qui maintenant se rappelent des attouchements, des aggressions... Comment c'était "no big deal", parce que "boys will be boys". Comment dans le fond, tout ce qu'on voulait c'était de faire la fête avec nos amis et peut-être rencontrer un gentil garçon. Pour finalement se faire enfoncer une langue dans la gorge par un gars saoul.

Et chaque jour je me demande.... Est-ce que j'en ai oublié? Est-ce que dans ma volonté de ne pas m'attarder au passé j'ai pas enfoui des choses beaucoup plus douloureuses? Je sais pas. J'ai peur en fait.

  
  

Facebook et le mépris cultivé

  
  
Ce matin, encore cette réflexion qui m'assaille, qui m'obsède. Je suis tellement tannée de vivre ta vie. Ces observations du cute ou du merveilleux à chaque jour, comme si ces moments ne pouvaient exister s'ils n'étaient pas partagés sur un réseau social ou un autre.

Je n'éprouve aucune curiosité pour tes conversations dans le noir ni pour tes enfants qui à te lire sont absolument uniques et fabuleux. Je n'éprouve RIEN à part une sensation désagréable that I'm being bullied into appreciating your fucking (and not so special) life.

Je sais que c'est moi qui a un problème avec tout ça, que je devrais gérer et passer à autre chose. Mais ça m'agresse et me fait te détester. Par ton besoin constant d'attention, de validation et de représentation. Détester aussi ceux qui nourrissent cette quête et t'encouragent.

Tout le monde a une vie fabuleuse par moments, ordinaire à d'autres. Et si encore tu n'avais pas cette compulsion de t'injecter partout, même en rapportant des observations qui ne devraient appartenir qu'à ceux et celles qui les vivent...

Je n'ai pas de conclusion à tout ça. Juste un feeling désagréable et constant. 
  
  

Notes du temps à venir #1

  
  
C'est quand même drôle. La ménopause me faisait peur avant, surtout parce que je craignais perdre ma libido. Mais dans cette nouvelle tempête corporelle je comprends maintenant qu'il y a pire... Ou en tout cas, de plus ennuyeux. Comme c'est là j'en ai vraiment rien à chier de ma libido. J'ai des règles au 40, 30, 15, 25, 35 jours, c'est une surprise constante! J'ai aussi élucidé (par déduction, non par recherches scientifiques) le mystère de la prise de poids... Motherfucking CARBS CRAVING. Pas étonnant. T'es en SPM 24/7.

Je suis épuisée. J'ai mal partout. Je digère mal. Je dors de façon sporadique. J'ai le moton en permanence (pas de déprime, juste d'émotivité... Le soleil m'émeut, les écureuils m'émeuvent, regarder les éboueurs travailler si fort m'émeut). Je suis sortie courir mercredi et j'ai eu de la misère à faire 3km. J'étais ballonnée, racquée, boursouflée... 

Je me dis que tout ça, c'est une sorte de purgatoire. Que je suis dans le pire moment. Que d'ici un an ou deux ça va s'estomper, se stabiliser. Peut-être que je me fais des accroire. Mais comme c'est là, c'est le mieux que je puisse faire pour passer au travers.
  
  

Notes de course #1

  
  
C'est avec une belle grande joie que je constate que mon temps de puce est sous les 40 minutes! 39 minutes 6 secondes. Avec un minimum de marche, peut-être 3-4 minutes au total. Je suis VRAIMENT fière de moi. Par contre avec la chaleur, je sais que mon progrès n'a pas été aussi rapide que je le souhaitais. Mais ma prochaine course est le 22 septembre et je compte bien atteindre le 37 minutes.

C'était vraiment agressant tous ces humains autour de moi, dans mon espace. En plus certains avaient oublié le déo... La grosse musique dance aussi, why why whyyyy? En tout cas, j'ai mis Sleep's Holy Mountain et je suis partie au signal.

Je n'en ai parlé qu'à une seule personne (à qui j'ai aussi dit que je pensais faire mon 5k en 35 minutes, mais c'était avant de m'être chronométrée comme du monde alors pardonne moi Pat, c'était pas pour me vanter, juste une erreur d'évaluation) mais je crois bien que mon objectif d'entrainement pour la prochaine saison sera le 10k. J'ai la preuve que j'ai la discipline et la drive. Et je sais qu'avec des objectifs clairs et réalistes j'arrive à progresser sans abandonner ni me décourager. Et le plus fou: J'AIME courir.

Je suis extraordinaire dit-il. Et en me le répétant pendant la course j'y ai cru, tout semblait possible.
  
  

je penserai à toi

  
  
Je fais ma première course demain. Je suis lente. Mon entraînement n'a pas progressé comme je l'aurais souhaité cet été, j'arrive même pas à passer sous la barre des 40 minutes pour un misérable 5 kilomètres. Enfin, je ne participe pas pour la compétition, sauf avec moi-même. Il me restera un autre mois pour la prochaine au Marathon de Montréal (ça fait moins cool de dire, la journée AVANT le Marathon...).

Je suis vraiment nerveuse mais ce qui est désagréable c'est que ce n'est pas la course elle-même qui m'angoisse. C'est la foule. L'événement. Les gens, les bruits, les comptoirs où il faut s'inscrire, laisser son nom. Comment m'y rendre (bus, scooter et si scooter, où me stationner?) À quelle heure partir? 

Ça empire d'année en année et je ne sais pas comment gérer ces angoisses. Et je me demande, est-ce que je les nourris en les laissant monter à la surface? Me semble que d'étouffer ces émotions serait plus nocif. Le pire c'est que chaque fois, une fois dans l'action, tout coule, je gère et ça va bien. Enfin, je tente de rester zen, je vais bien manger, essayer de ne pas trop fumer de weed et me coucher tôt. Aléa jacta est.

Un baume, ce doux courriel ce matin: "je penserai à toi, tu es extraordinaire"... Qui rend tout cela très vrai, et tout à fait possible.  
  
  

et avec la mesure dont vous mesurez il vous sera mesuré

  
  
J'ai fait quelque chose de terrible tantôt. J'ai croisé un mec et je l'ai jugé ouvertement. Je sais pas ce qui m'a pris. En fait oui, je le sais. Je me sentais vraiment hot à cet instant, avec ma mini jupe, ma camisole, mon tatou, mes 40 livres en moins... Je marche et ce gars s'en vient vers moi, clairement de retour du bureau, business casual (kakis, chemise blanc bleu col ouvert), sac d'ordi à l'épaule. Fin quarantaine, les cheveux poivre et sel, grand... Il est vraiment beau. Mais il a un bide et sans doute une trentaine de livres en trop. À tout autre moment de ma vie, cette constatation ne m'aurait même pas traversé l'esprit. Mais là, en cet instant précis, je me suis sentie tellement supérieure. J'ai regardé son bide et je l'ai ensuite regardé dans les yeux. Et j'ai continué mon chemin.

J'ai été invisible aux yeux de ces hommes-là pendant tellement longtemps, j'avais l'impression de me venger. Et honnêtement, si cette scène s'était produite il y a trois ans, il ne m'aurait même pas vue. Ça n'excuse rien, bien entendu. Et une heure plus tard je me sens encore coupable. Non seulement il m'a vu, mais il a vu mon regard et mon jugement et je connais ce sentiment beaucoup trop intimement pour m'imaginer que cela ne l'a pas blessé même un peu.

Je ne veux pas que toute cette confiance en moi, acquise au coût de grands efforts, ME transforme. C'est comme une drogue. Plus j'en gagne, plus j'ai le jugement facile et ma perception des gens est teintée d'une certaine rancoeur. Je cherche les bons mots, je n'y suis pas encore. Mais cette réflexion est intéressante et aussi essentielle.  
  
  

Word

  
  
"Certainly, an ethical and evolved life entails a whole lot of doing things one doesn't particularly want to do and not doing things one very much does, regardless of gender. But an ethical and evolved life also entails telling the truth about oneself and living out that truth." -  Cheryl Strayed  
  
  

Vocalises

  
  
J'arrive de mon cours de chant. Mon problème avec les compliments en prend plein la gueule. Je sais pas trop exactement quand ça s'est matérialisé dans mon esprit, j'ai de ces profondes réalisations presque tous les jours maintenant.

J'allais écrire étape. Mais ce ne sont pas des étapes. Les choses se suivent et ne se ressemblent tout simplement pas. Quand j'ai découvert l'écriture et les blogs. Quand je me suis séparée. Quand je suis revenue à Montréal (laissant derrière une autre relation). Quand j'ai arrêté de fumer. Quand j'ai commencer à utiliser une machine cpap, par le fait même réglant une trâlée de problèmes de santé que je croyais liés à... Quand j'ai perdu du poids tout en regardant ma relation avec la bouffe bien en face. Quand j'ai commencé à courir il y a 9 mois. Quand je me suis fait faire mon premier tatouage il y a deux semaines.

Je porte maintenant des shorts et des soutiens-gorge sans bretelles. Je passe dans tous les tourniquets sans avoir à me tourner. Je fit dans les fauteuils au cinéma et dans l'avion. Je fit sur les bancs de bar.

Vitesse grand V. Mais je frappe en masse de murs. Je sais reconnaître les signes. J'en prend trop, je deviens maniaque, imagine les scénarios les plus grandioses et puis je capote, je m'enfarge et je paralyse pendant une couple de mois. Rinse and repeat. It's all good. Je m'en vais dans la bonne direction peu importe les détours.

Voici donc une nouvelle non-étape. Je chante en secret depuis toujours mais suis incapable de le faire en public. Mes quelques expériences dans les partys de famille ou dans les karaokés ne font que renforcer ma gêne (que je peux maintenant associer à mon aversion pour l'attention positive). Mais je suis rendue là. Aujourd'hui à la fin d'une phrase bien sentie pendant Someone to Watch Over Me j'ai vu la chair de poule se former sur le bras de ma prof. Elle m'a regardé toute heureuse, "t'as vu, tu me donnes la chair de poule, t'as tellement une belle voix!". J'ai beaucoup de misère à ne pas me sauver, à ne pas dire, bon non c'est ta clim. Je le prends. Je prends tout, j'ai le droit, je ne dois plus jamais refuser de m'accomplir.
  
  

Envoi urgent

  
  
J'ai eu cette idée, de l'urgence qu'il faut adresser. Ces mots qui viennent mais ne restent jamais.

Je leur impose ce détour.

Il y a cette autre urgence. Celle de s'exprimer sans représentation, sans audience. Non pas pour s'adresser à l'écho. Mais plutôt pour ne pas l'entendre.

Je respire.
  
  

Dérives

  
  
J’ai l’impression d’une tornade emportant toute notre humanité, nos humilités, nos vulnérabilités, nos pudeurs altruistes, le sens même de ce qu’est être une personne... Un gros tas de poussières virevoltant parmi les ruines de nos constructions, soufflant le fin dessein d’un idéal humain, détruisant ces routes délicates qui nous amenaient vers l’autre.

Dans l’après, les vestiges d’une structure qui n’aura tenu que faiblement, là où la vanité est devenue monnaie d’échange dans le commerce des places disponibles. Nous construirons un nouveau Stonehenge.